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En 2026, on ne paiera plus en cash, affirme le patron de Deutsche Bank

Le cash n'aurait plus que 10 ans à vivre, selon le patron de Deutsche Bank

Le cash n'aurait plus que 10 ans à vivre, selon le patron de Deutsche Bank - Daniel Roland - AFP

Le nouveau patron de la première banque allemande, John Cryan estime que d'ici à 10 ans les règlements en espèces auront complètement disparu. Non parce que les Etats les auront interdits mais tout simplement parce que ce mode de paiement coûte "cher".

Dans 10 ans, on ne paiera plus personne en espèces. C'est le pronostic du nouveau patron de Deutsche Bank. John Cryan l'a affirmé sans détour lors d'un débat jeudi à Davos auxquels étaient également conviés Christine Lagarde, son homologue chez Morgan Stanley James Gorma, et le directeur général de Paypal, Dan Schulman: "Je pense que d'ici à 10 ans le cash n'existera plus car c'est terriblement inefficace et coûteux", a précisément déclaré John Cryan. Sur ce point, une étude de McKinsey datant de 2013, soulignait les nombreux coûts ayant trait à l'argent liquide. En effet, les espèces "ont de nombreux coûts opérationnels qui incluent les coûts de production (des billets, ndlr), du stockage, du convoi ou encore des coûts pour éviter la contrefaçon".

0,45% du PIB dans les pays européens

Et si l'essentiel de ces coûts sont pris en charges par les commerçants et les banques,"l'économie les supporte indirectement sous la forme de commissions, de charges d'intérêts, de prix à la consommation plus élevés et de dividendes plus faibles", expliquaient les auteurs de ce document. Le cabinet écrivait alors que ces "coûts sociaux" du cash était évidemment plus forts dans les pays où l'utilisation du paiement en espèce est fréquente. Dans un pays comme la Russie, McKinsey l'estimait à 1,10% du PIB sur la période 2007-2011. En Europe, la moyenne était de 0,45%.

John Cryan a également rappelé que l'argent liquide servait à blanchir de l'argent sale. "Le cash nous inquiète beaucoup et ferait mieux d'être dématérialisé. Nous serions bien mieux si tout (toute les circulations d'argent) était traçable", a-t-il affirmé à ses interlocuteurs.

Cet enjeu commence à être sérieusement pris en compte par le ministère français des Finances, qui a lancé l'an dernier une offensive contre le paiement en espèce, conscient qu'il constitue un vecteur de l'argent tiré d'activités illicites. Le plafond pour payer en espèce a ainsi été abaissé de 3.000 à 1.000 euros en juin dernier.

Carte bancaire dès le premier euro

En outre, alors que les espèces sont le mode de paiement privilégié pour les petits achats auprès des commerçants (86% des transactions), Michel Sapin souhaite faciliter les paiements par carte dès le premier euro. Il a ainsi négocié une baisse des commissions prises par banques sur les commerçants et a reçu le 18 janvier dernier les principaux banquiers tricolore pour revenir sur ce sujet.

Au-delà des moyens mis en place pour lutter contre les activités illégales, les paiements par espèce reculent en France, grâce notamment au développement du paiement sans contact.

"L'usage du cash commence à reculer. On le voit à travers une régression des retraits dans les distributeurs automatiques de billets et du nombre de versements dans les agences bancaires. Les billets comptés dans les centres forts des transporteurs de fonds sont en recul de 5 % à 8 % en 2015 par rapport à 2014, confirme ainsi aux Échos Didier Cocheteau, président du comité de pilotage de la stratégie des espèces en France à la Fédération bancaire française (FBF)

J.M.