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Comment les Gafa ont perdu plus de 120 milliards en Bourse

Apple a vu sa capitalisation fondre de plus de 50 milliards de dollars

Apple a vu sa capitalisation fondre de plus de 50 milliards de dollars - dsk-AFP

Alors que les Gafa portent Wall Street depuis le début de l'année, ils ont été chahutés en Bourse vendredi et lundi. Au final, plus de 120 milliards de dollars de capitalisation sont partis en fumée.

Imaginez-vous l'équivalent de la capitalisation de LVMH, plus forte valorisation du CAC 40, partir en fumée en deux jours. C'est ce qui est arrivé aux Gafa entre vendredi et lundi. En effet, en l'espace de deux séances, les titres de Google, Apple, Facebook et Amazon ont été lourdement sanctionnés à Wall Street, perdant respectivement 4,4%, 6,9%, 4% et 4,7%. Résultat, leurs valorisations ont baissé en cumulé de plus de 120 milliards de dollars. La palme de la plus forte baisse revient à la marque à la pomme qui, à elle seule, accuse un repli de 53 milliards de dollars, soit la valorisation du groupe Vinci à la Bourse de Paris.

La firme de Cupertino a été pénalisée par des informations de l'agence Bloomberg, indiquant que les puces modem, qui permettent de se connecter aux réseaux de communication (3G et 4G), de ses prochains iPhone seraient bridées, ce qui limiterait les vitesses de téléchargement de ses smartphones par rapport à ses concurrents. Mais plus globalement, Apple, comme le reste du secteur, a fait face à des arbitrages purement financiers. "Ce que l'on voit c'est une rotation sur le marché des actions", a souligné Peter Cardillo, économiste en chef de First Standard Financial, cité par l'AFP. Ce que confirme également Karl Haeling de LBBW: "Les titres technologiques valent cher et quand vous regardez les valeurs financières ou de l'énergie, qui ont baissé lors des derniers mois, elles sont plus attractives".

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"Elles étaient montées trop haut, trop vite"

Il faut dire que les Gafa portent Wall Street depuis le début de l'année. Ces quatre société qui représentent environ 20% du Nasdaq ont déjà gagné plus de 20% depuis le 1er janvier (voir graphique ci-dessus). Ainsi, sur cette période, Apple a vu sa valorisation augmenter de près de 150 milliards de dollars, ce qui peut expliquer en partie la correction des deux dernières séances. "Elles étaient montées trop haut, trop vite" devenant ainsi "surévaluées", indique Bill Lynch de Hinsdale Associates.

Mais alors qu'on peut s'attendre à de nouvelles baisses dans les prochains jours, Michael Wilson, analyste chez Morgan Stanley ne pense pas que le secteur de la tech se situe à un pic. "Nous serions surpris si c'était la fin des valeurs technologiques compte tenu de la très forte croissance des bénéfices à laquelle nous assistons". En effet, ces quatre entreprises ont réalisé en 2016 près de 80 milliards de dollars de bénéfices soit 50% de plus qu'en 2012.

Sami Bouzid