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Placements : comment structurer son patrimoine quand on a 50 ans ?

Pour les quinquagénaires chefs d’entreprise, il peut être question d’optimiser les plus-values réalisées dans le cadre de la revente d’entreprises.

Pour les quinquagénaires chefs d’entreprise, il peut être question d’optimiser les plus-values réalisées dans le cadre de la revente d’entreprises. - Pixabay

A la cinquantaine, il convient d'opérer un certain nombre d’arbitrages immobiliers et financiers pour préserver et dynamiser son patrimoine une fois l'heure de retraite venue.

Selon l’Insee, le patrimoine des plus de 50 ans dépasse généralement les 300 000 euros. Les cadres supérieurs et les professions libérales disposent, eux, d’un patrimoine qui oscille en moyenne entre 700 000 et 1,4 million d’euros. Le fait est que, comme toutes les autres catégories sociaux-professionnelles, les cadres et les libéraux qui approchent de la retraite se posent la question de la chute de leurs revenus une fois leur vie professionnelle achevée.

Quelle stratégie d’investissement déployer lorsque l’on dispose d’un certain patrimoine financier la cinquantaine venue ? Cédric Forman, Directeur Général de Thesaurus, société de conseil en Gestion Privée, et Charly Tournayre, Responsable du service ingénierie patrimoniale, reviennent sur les directions qu’il peut être opportun (et lucratif) d’emprunter.

Dans quelle situation financière et patrimoniale se trouvent les cinquantenaires aujourd’hui ?

Cédric Forman : Il s’agit d’une phase de vie qui se révèle assez importante tant au niveau professionnel que d’un point de vue familial. Sur le plan professionnel, la carrière est généralement à son apogée, avec parfois de belles rémunérations.

Sur le volet professionnel, à la cinquantaine, nous ne sommes plus dans une phase de construction du patrimoine. L’heure est à la stabilisation de celui-ci. Cependant, certaines charges deviennent conséquentes. Les enfants ont grandi, ils sont âgés de 20/25 ans et leurs études ont un coût. Bien souvent, les quinquagénaires sont propriétaires de leur résidence principale et certains disposent de plusieurs biens immobiliers, les rendant alors redevables de l’IFI.

Pour les quinquagénaires chefs d’entreprise, la question de la transmission de leur patrimoine professionnel commence à se poser également : l’idée c’est aussi d’optimiser les plus-values réalisées dans le cadre de la revente d’entreprises. Il y a donc pas mal de problématiques auxquelles il convient de répondre et ces décisions doivent se prendre à ce moment-là. Toute la difficulté consiste donc à déterminer quelle stratégie dédiée déployer… Et pour parvenir à cette fin, il importe, tout d’abord, de réaliser un bilan patrimonial, financier, immobilier et familial.

Charly Tournayre : Sur le volet fiscal, à la cinquantaine, puisque les salaires sont généralement élevés, l’imposition l’est forcément également. Optimiser la fiscalité de l’impôt sur le revenu est une stratégie à mettre en place. Idem si vous devez vous acquitter de l’IFI.

A la cinquantaine, il est plus que jamais nécessaire de miser sur des produits de placements adaptés à la situation de chacun. L’une des solutions possibles consiste à créer du passif en préparant sa transmission à l’égard de ses enfants (démembrement de propriété avec 50% de base taxable par exemple).

Les placements défiscalisants tels que le Malraux, le Monument historique et le déficit foncier peuvent constituer une bonne option selon les situations.

Cédric Forman : L’autre enjeu à cet âge concerne forcément la retraite : il est nécessaire de commencer à la préparer. Les épargnants ont tout intérêt à transmettre leur patrimoine le plus tôt possible ! Entre un bien transmis à la cinquantaine et un bien transmis au décès, la différence fiscale est assez frappante.

Quelle stratégie d’investissement préconisez-vous ?

Charly Tournayre : Pour ce qui relève des placements purement financiers, l’assurance-vie en vue de transmettre à moyen/long terme est une option à considérer. Dans le cadre d’une anticipation de la perte de revenus qui advient à la retraite, le fait de disposer d’un Perp ou d’un Perco est valorisant. Encore plus aujourd’hui compte tenu de la loi PACTE du fait de la portabilité possible entre les contrats.

Cédric Forman : Au final, il existe au moins 6 instruments de défiscalisation qui peuvent être intéressants selon les situations. L’objectif étant de jouer sur les différents niveaux de fiscalité tout en préparant la retraite. Surtout pour les professions libérales par exemple. Lesquelles ne bénéficient que d’une pension assez faible une fois l’échéance de la retraite venue. Pour la préparer et compléter ses revenus, des investissements opérés dans des maisons médicalisées par exemple, des résidences séniors ou étudiantes peuvent être réalisés. 

Quels sont les points d’attention à observer durant cette période ?

Charly Tournayre : Il est recommandé de bien étudier la base de son patrimoine et de disposer si possible de certaines connaissances sur les marchés en se faisant accompagner d’un conseil. A cinquante ans, il est nécessaire de trouver un équilibre financier et immobilier pour bien structurer son patrimoine. Il est aussi recommandé d’équilibrer le rapport rendements/risques avec ou sans capital garanti (tout dépend, là encore, de la situation patrimoniale de l’épargnant). Comme souvent, la diversification fait figure de maître-mot.

Cédric Forman : Dans tous les cas, il ne faut pas concevoir le patrimoine de façon figée. Le contexte économique et fiscal évolue sans cesse et nécessite forcément d’opérer des réajustements quand il le faut.

Julie COHEN-HEURTON