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Placements: comment investir au mieux 10.000 euros

Plus on écoute le bruit du marché, plus un investisseur serait susceptible de faire des erreurs.

Plus on écoute le bruit du marché, plus un investisseur serait susceptible de faire des erreurs. - Pixabay

Assurance-vie, PER, livrets, Bourse, non coté, SCPI, parking, forêts, vin… Si les produits d’investissement sont légion, ceux qui offrent de vraies bonnes opportunités beaucoup moins.

Avec d’un côté des actifs plus ou moins risqués dont la rentabilité fluctue en fonction des enjeux géopolitiques, de l’autre des produits d’épargne considérés comme sécurisés mais dont les rendements annuels se réduisent comme peau de chagrin, il n’est pas simple en tant qu’investisseur de faire un choix. D’autant plus que pour structurer un portefeuille comme il se doit (outre le fait de diversifier pour mieux sécuriser) il faut non seulement appréhender son patrimoine d'un point de vue global, mais également son appétence aux risques. Ces principes étant rappelés, si vous disposez de 10.000 euros de côté, certains placements peuvent être plus judicieux que d’autres en cette rentrée 2019. Les conseils de Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine.

Compte tenu du ralentissement mondial de l’économie et des taux bas, y a-il des arbitrages spécifiques en septembre, du moins des points à considérer avant d’investir?

Bertrand Tourmente : Je crois qu’il faut disposer d’un regard humble sur ces sujets. Plus on écoute, de façon générale, le bruit du marché, plus un investisseur est susceptible de faire des erreurs. Il est essentiel de n’accorder que très peu d’importance au bruit ambiant. Il ne faut se fier qu’à la qualité des actifs. C’est par la qualité de ce qu’il contient qu’un portefeuille se gère. Et cela prouve souvent aussi que toutes les personnes que l’on paye à travers le monde ont souvent plus tort que raison. L’idée, c’est d’avoir un investissement qui fonctionne quel que soit le cycle économique. Et les logiques courtermistes peuvent s’avérer dangereuses.

A titre d’exemple, le fait d’acheter des actions en forte croissance et qui se veulent décorrélées des marchés financiers est une bonne chose. Et dans tous les cas, la règle de base reste la diversification. Structurer son portefeuille en y intégrant 25% d’immobilier non coté, 25% d’actifs prudents, 25% de non coté (private equity) et 25% d’actions permet de traverser toutes les crises avec la plus grande sérénité. Enfin, le secret c’est aussi de ne jamais vendre et de toujours acheter.

La seule problématique tient au fait que les produits de grande qualité sont souvent accessibles avec des montants supérieurs à 10.000 euros. Pour autant, le fait de conserver à l’esprit cette approche est primordiale.

Quels sont selon vous les trois produits d’investissement sur lesquels il peut s’avérer judicieux de miser lorsque l’on dispose de 10.000 euros?

Pour ce montant, plusieurs produits répondent à cet enjeu qualitatif. Pour ce qui concerne la partie actions cotées, la plupart des ETF (ces placements qui cherchent à suivre l’évolution des indices boursiers) sont accessibles avec 10 000 euros. Sur le volet immobilier, je recommande les SCPI. Enfin, jouer la carte des fonds en euros dans le cadre d’une assurance-vie peut s’avérer opportun pour sécuriser l’investissement global. 

A l’inverse, quels sont les produits à éviter?

Je déconseille tout ce qui concerne les produits défiscalisants et génère une réduction d’impôts. Pinel, Sofica, etc. Ils ne sont pas rentables par nature. Sur le papier, le futur Plan d’Epargne Retraite (PER) semble bien, mais il conviendra de rester vigilant au niveau de la fiscalité appliquée.

Par ailleurs, je déconseille d’opter pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un investissement atypique de type diamants, vaches, forêts, etc. Je ne suis, au demeurant, pas forcément contre l’investissement dans le secteur du cannabis. Et ce, dans la mesure où il existe aujourd’hui tout un pan thérapeutique. Si la problématique du politiquement correct entoure ce thème, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un investissement qui a du sens.

Pour revenir aux produits sur lesquels il n’est pas opportun de miser, mieux vaut fortement éviter tout ce qui a trait aux produits structurés. Pour quelle raison? Parce qu’il s’agit de fonds à formule qui promettent de protéger les investisseurs en cas de baisse avec, à la clé, un remboursement de capital. Sauf qu’il ne s’agit selon moi que d’une illusion. Mieux vaut s’exposer sur des cours d’actifs purs.

Julie COHEN-HEURTON