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Livret A: pourquoi Noyer ne décolère pas

Christian Noyer "regrette la décision du gouvernement" sur le Livret A.

Christian Noyer "regrette la décision du gouvernement" sur le Livret A. - Eric Piermont - AFP

Le gouverneur de la Banque de France n'en démord pas. Selon lui, continuer à rémunérer à 1% le livret A limite la baisse des taux de "de toute une série de crédits".

Le gouverneur de la Banque de France en remet une couche. Christian Noyer a estimé, ce mardi 17 février, que le niveau actuel de la rémunération du Livret A empêchait la baisse des taux "de toute une série de crédits".

Le taux de ce produit d'épargne a été maintenu par le gouvernement à son plus bas historique de 1% début février, alors que sa formule de calcul aurait dû le faire mécaniquement tomber à 0,25%. Christian Noyer avait lui proposé de le ramener à 0,75%.

"On peut discuter pour savoir si c'est 0,75% ou 0,5% l'idéal mais j'ai regretté la décision qui a été prise et qui me paraît empêcher toute évolution à la baisse des taux de toute une série de crédits et par conséquent être un obstacle à la transmission de la politique monétaire de la Banque centrale européenne", a souligné le gouverneur de la Banque de France devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Ce n'est pas la première fois que Christian Noyer hausse le ton sur le sujet. Il avait déjà, mi-janvier, déclaré qu'un taux de 1% serait "irresponsable". Début février, lors des Matins HEC-Challenges, il avait souligné que "maintenir la rémunération à 1%" constituait, selon lui, "une erreur grave, compte tenu de la faiblesse actuelle de l’inflation". Et il avait ajouté: "cette décision va aussi, ce qui me semble très grave, à l’encontre de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui fait justement son maximum pour ramener les taux d’intérêt à leur niveau le plus bas possible dans la zone euro, afin de relancer la croissance."

Crainte de mouvements d'épargne trop brutaux

Les sommes déposées sur le Livret A servent à financer divers secteurs dont le logement social. Un taux plus bas permet donc à la Caisse des dépôts, qui centralise 65% de l'épargne de ce livret, d'octroyer des prêts moins onéreux, aux organismes HLM par exemple.

En matière de fixation du taux du Livret A, le gouverneur de la Banque de France a le premier la parole. Soit il applique la formule -qui repose pour l'essentiel sur le niveau de l'inflation- et le taux théorique entre automatiquement en vigueur. Soit il choisit d'y déroger et, dans ce cas, sa recommandation peut ou non être suivie par le ministre des Finances, qui a le dernier mot. "Économiquement, le bon niveau, ce serait de laisser jouer la formule qui le mettrait à 0,25%", a expliqué le gouverneur de la Banque de France.

Mais Christian Noyer assure avoir choisi de déroger à ce calcul par crainte de mouvements d'épargne trop brutaux, notamment vers les contrats d'assurance-vie en euros qui ont encore rapporté 2,5% en moyenne en 2014. Christian Noyer a prédit une nouvelle fois que ces contrats vont "inéluctablement" offrir un rendement "qui va baisser énormément" à l'avenir, en raison de la faiblesse des taux d'intérêt.

D. L. avec AFP