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Les 6 conseils de Morgan Stanley à ceux qui ont de l'argent à placer

Pour bénéficier des meilleurs rendements jusqu'à 2025, il faudra investir sur des actifs européens et délaisser les obligations américaines.

Pour bénéficier des meilleurs rendements jusqu'à 2025, il faudra investir sur des actifs européens et délaisser les obligations américaines. - Euros billets RET - Kirill Kudryavtsev - AFP

A destination de tous les épargnants, voici les recommandations et prévisions de la banque d'affaires américaine pour maximiser ses retours sur investissement pour les dix ans à venir.

Où investir dans les dix ans à venir? C'est à cette question qu'ont tenté de répondre les analystes de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley. Dans un document publié en décembre 2014, ils annoncent leurs prévisions pour la période 2015-2025.

"Dans un monde où l'investissement est de plus en plus axé sur la rapidité et le court terme, des propos sur la prochaine décennie peuvent sembler dangereusement hors de propos. Pourtant, les perspectives à dix ans sont intéressantes", expliquent les auteurs. Voici leurs conseils.

1. Se contenter de rendements modestes

Les attentes des investisseurs doivent être révisées à la baisse. Morgan Stanley s'attend à des retours sur investissement de long terme de moins de 5% hors inflation (3% à euros constants), contre plus de 8,5% (5% à euros constants) sur les trente années passées. Sur le S&P 500, le rendement des actions devrait légèrement excéder les 6,1%, un niveau qu'elle juge faible au regard de l'histoire.

La banque s'attend en effet à une "normalisation" des bénéfices des entreprises cotées sur cet indice, estimant que leurs marges ont été "supérieures à la moyenne" ces dernières années. Ces dernières devraient se réduire d'un tiers, les deux autres tiers étant en revanche "structurels", donc ayant "peu de chance de se dissiper lors des dix prochaines années".

2. Réduire ses engagements dans la dette américaine

Pour les bons du Trésor américain, les analystes de la banque tablent sur un rendement de 3% par an, soit la moitié des moyennes de long terme actuelles. Ils prévoient en revanche un meilleur rendement des obligations d'entreprises.

3. Parier sur les entreprises qui versent de beaux dividendes

Entre les années 1940 et 1980, les entreprises américaines ont reversé en moyenne 50% de leurs revenus aux actionnaires. Au cours des 20 dernières années, ce taux a diminué pour favoriser les rachats d'autres entités. Après cette période de hausse des acquisitions, la banque s'attend à ce que les dividendes retrouvent leur niveau élevé des années 1970, d'environ 50% des bénéfices des entreprises.

4. Garder ses actions plus longtemps

Les courbes de rendement des actions sont généralement ascendantes à long terme, notent les analystes de la banque, qui en déduisent que le rendement d'un titre augmente en même temps que sa maturité. "Le passage du temps gomme les niveaux de rendement plus faibles et l'accroissement du prix des titres".

5. Délaisser la Bourse américaine

Avec la fin du quantitative easing de la Réserve fédérale américaine –ses rachats d'actifs massifs qui soutenaient le prix des actions-, leur rendement va forcément faiblir. A ce titre, les investisseurs devraient réduire leurs attentes, martèle Morgan Stanley. Mais, réaliste, elle estime "plus probable qu'ils cherchent des moyens alternatifs pour les augmenter". Ses prévisionnistes s'attendent ainsi à ce que les flux financiers se concentrent sur des actifs non-américains.

6. Investir sur des titres européens

C'est bien la banque américaine Morgan Stanley qui le dit: si les actions américaines iront relativement bien, les actions européennes se porteront encore mieux. "La croissance des bénéfices atteindra 12 à 15% en Europe l'année prochaine", juge Rick Golod, interviewé dans cette note en tant que directeur de la stratégie d'Invesco.

Davantage grâce à la croissance mondiale qu'à la croissance européenne, car un "grand nombre d'entreprises européennes font leurs affaires en dehors des frontières de l'Union", estime-t-il.

En outre, il table sur le lancement d'un programme de rachat d'actifs de la Banque centrale européenne dès le premier trimestre 2015, qui devrait offrir des rendements équivalents à ceux qu'ont connu les actions américaines ces quatre dernières années. Entre 2007 et 2014, rappelle Morgan Stanley, le S&P 500 avait surperformé de près de 60% l'indice qui réunit les principales actions des Bourses d'Europe, d'Océanie et d'Extrême-Orient.

Nina Godart