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Le "Duflot" est inapplicable dans les temps selon les promoteurs immobiliers

Les promoteurs ne savent que faire du dispositif Duflot

Les promoteurs ne savent que faire du dispositif Duflot - -

Le nouveau dispositif d’incitation locatif contraint les investisseurs à baisser de 20% leur loyer, par rapport aux prix du marché. Pour Guy Naflizan, patron de Kaufman & Broad, ce dispositif est tout simplement inapplicable à partir du 1er janvier 2013 !

Un vrai casse-tête pour les promoteurs. A partir du 1er janvier, en échange d’une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 20% de l’investissement, les investisseurs devront proposer des loyers inférieurs de 20% aux loyers du marché. C'est ce qui est prévu dans le "Duflot", dispositif remplaçant le Scellier et offrant des avantages fiscaux aux personnes investissant dans l’immobilier locatif. Problème : il n’existe pas d’outil pour déterminer ville par ville le prix moyen du marché locatif.

Or, Guy Naflizan, président de Kaufman & Broad, interviewé lundi 1er octobre dans l’émission Intégrale Bourse de BFM Business, souligne bien que "si [les promoteurs] veulent que ce dispositif fonctionne avec des loyers en baisse de 20%, il faut qu' [ils] trouvent un niveau de loyer acceptable". C’est-à-dire un loyer qui permette un minimum de rentabilité car autrement "les Français ne souscriront pas à ce dispositif".

Des coûts incompressibles

Mais cette rentabilité est difficile à atteindre. Guy Naflizan explique ainsi qu’il ne peut répercuter le manque à gagner sur les coûts: "Comment voulez-vous que nous arrivions à faire baisser les coûts de construction d’ici 2013? Ces coûts augmentent car les normes changent constamment".

Le problème se retrouve également au niveau de la propriété des terrains: "Les terrains que nous avons en portefeuille sont au prix du marché. Il faudrait donc que nous entrions en renégociations avec nos propriétaires fonciers pour baisser leur prix de 20%, ce qui s’annonce difficile". Pour ces raisons, le dipositif semble donc difficile à appliquer au 1er janvier 2013.

Julien Marion