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Dans le BTP, "plus on travaille, plus on perd de l'argent"

Dans Inside, Jacques Chanut, président de la fédération française du bâtiment ne cache pas sa déception après les mesures d'aide au secteur du BTP, dévoilées ce mercredi matin.

"Le compte n'y est pas." Les professionnels du bâtiment attendaient beaucoup des annonces du gouvernement, alors que les chantiers rencontrent d'importants surcoûts liés à la crise. Mais, l'exécutif a surtout évoqué des mesures sur les chantiers publics. "Les marchés de l'Etat, cela représente à peu près 2% de nos marchés", tranche sur BFM Business Jacques Chanut, président de la fédération française du bâtiment (FFB). "Donc autant dire que c'est très marginal."

En clair, "ce n'est pas du tout ce que l'on attendait" poursuit Jacques Chanut. "Ce que l'on attendait, c'était une mesure forte pour permettre de compenser ces surcoûts par, très clairement, l'abandon de charges." Et de renchérir : "ce n'était pas un plan bâtiment, ce matin, c'était un plan d'annonces de quelques généralités pour l'ensemble des professions."

Des faillites en perspective

En réalité, il faudra attendre septembre pour avoir de nouvelles annonces. "Il faut qu'on se fasse à l'idée qu'il faut attendre les annonces du président de la République" poursuit le patron de la FFB. "Malheureusement en septembre. J'espère qu'il ne sera pas trop tard."

La faillite guette-elle le secteur ? "Oui très clairement" tranche-t-il. "Plus on travaille, plus on perd de l'argent." Depuis la reprise des chantiers, "nos entreprises ont un résultat qui se dégrade de semaines en semaines. Donc il faut vraiment prendre des mesures d'urgence pour les rassurer quant à l'avenir."

Car si 95% des chantiers ont repris, "seulement 55%" l'ont fait dans "des conditions normales. Et c'est bien là le sujet (…) Ça ne peut pas durer comme cela. Ce qui a été annoncé ce matin est pour nous une très grande déception."

Thomas Leroy