Kader Arif, ministre discret dans la tourmente

PORTRAIT - Kader Arif, ministre délégué aux Anciens combattants, a annoncé prématurément, en pleine Assemblée nationale, la libération des otages français au Cameroun. Zoom sur ce ministre jusqu'à présent très discret.

Sandrine Cochard et Magali Rangin
Le 21/02/2013 à 17:50
Mis à jour le 21/02/2013 à 19:51

L'hémicycle a applaudi, jeudi matin, lorsque Kader Arif, a annoncé la libération des sept otages français, enlevés mardi au Cameroun. Malheureusement, la nouvelle était un peu prématurée et le ministre délégué aux Anciens combattants a dû, vingt minutes plus tard, reprendre la parole à l'Assemblée, cette fois-ci pour rectifier le tir et indiquer qu'il n'y avait en fait pas de "confirmation" de cette information "parue par voie de presse".

"Bordel ambiant"

Moqué sur Twitter, Kader Arif s'est aussi attiré les foudres d'Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, et Christian Jacob, chef de file des députés UMP. Hervé Morin a ainsi trouvé "ahurissant qu'un ministre interrompe la séance" à l'Assemblée nationale "pour annoncer la libération des otages", jugeant "il n'est absolument pas dans le rôle d'un ministre délégué aux Anciens combattants de faire une annonce comme celle-ci".

Pour Hervé Morin, Kader Arif "ministre délégué aux Anciens combattants qui veut se la jouer et annoncer une nouvelle" est "une nouvelle fois l'expression du bordel ambiant dans ce gouvernement".

Un travail sur les harkis

Une bien mauvaise publicité pour ce ministre jusqu'à présent très discret. Fils de harki né en Algérie et "issu d'une famille modeste" comme il le rappelle lui-même, Kader Arif, 53 ans, a été nommé en mai dernier par Jean-Marc Ayrault ministre délégué aux Anciens combattants. A ce titre, il travaille à une meilleure reconnaissance des harkis, comme il l'expliquait le 14 décembre dernier dans une interview au JDD.

"La situation des harkis est très compliquée. Il y a une vraie volonté de reconnaissance de ce qu'ils ont été, de ce qu'a été leur engagement auprès des Français, expliquait-il alors. Ils ont beaucoup de difficultés économiques : un taux de chômage élevé, des difficultés d'insertion. Nous sommes en train de discuter avec eux sur plusieurs mesures spécifiques. Et en même temps, je n'ai pas envie d'enfermer les harkis dans une espèce de bulle. Il ne s'agit pas d'en faire des citoyens à l'écart de la communauté nationale."

Un dossier prioritaire pour celui qui se défend toutefois d'être le ministre d'une seule cause. "Je ne suis pas un ministre algérien ou le ministre des harkis, je suis un ministre de la République", martelait-il ainsi dans cette même interview.

"Je ne suis pas là pour briller"

D'abord proche de Lionel Jospin, qui l'a repéré alors qu'il était simple militant haut-garonnais, Kader Arif est devenu proche de François Hollande, qu'il a accompagné à plusieurs reprises en Algérie, notammment lors de sa visite d'Etat en décembre dernier. Il est également député européen et député de Haute-Garonne.

Dans son réseau, on peut relever les ministres Cécile Duflot (Logement), Benoît Hamon (Consommation et économie solidaire) et Christiane Taubira (Justice), avec lesquels il avait le 12  novembre dernier, participé à un dîner très remarqué au ministère de la Justice. Une "nouvelle bande des quatre" -en référence au  quator de ministres composé de Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Vincent Peillon et Pierre Moscovici- unie, selon Cécile Duflot, par "une sympathie personnelle".

De cette nouvelle bande, Kader Arif est le moins connu, et sans doute celui qui s'expose le moins. Une question de nature pour celui qui confessait il y a peu : "je ne suis pas là pour briller". Sa bourde de jeudi matin aura tôt fait de le sortir de l'ombre.

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