JO de Sotchi: les militants LGBT visent Coca-Cola

Les défenseurs des droits des homosexuels ne relâchent pas la pression à quelques mois du lancement des Jeux olympiques. Leur cible du moment? Les sponsors comme Coca-Cola.

V.D.
Le 30/10/2013 à 17:14
Mis à jour le 30/10/2013 à 18:13
Manifestation de All Out devant le siège de Coca-Cola ce lundi à Atlanta.  (Allout - Flickr)

Faire passer le message en faisant pression sur les sponsors des Jeux Olympiques. A 100 jours des JO de Sotchi, les défenseurs des droits des homosexuels changent de dimension. Ils ont lancé, lundi, une campagne auprès de Coca-Cola, appelant le géant du soda à prendre position contre les lois russes interdisant la "propagande homosexuelle".

L'organisation All Out a positionné, lundi, trois camions devant le siège de Coca-Cola à Atlanta. Sur les véhicules, d'immenses affiches avec des slogans tels que "Ne refoulez rien", "Dénoncez les lois russes anti-gays". Forte d'une pétition signée par 140.000 personnes, l'organisation veut faire bouger les grands argentiers du monde olympique et les marques associées aux JO. Elle demande à Coca-Cola de financer les organisations de défense des droits de l'Homme ou même de faire pression sur le CIO pour que l'organisation des prochaines olympiades ne soit plus confiée qu'à des pays "qui respectent le principe d'égalité".

"Les autorités russes sentent la pression"

Car pour les militants de la cause LGBT, il y a urgence. En lutte contre les lois promulguées en juin par Vladimir Poutine et qui criminalise la "propagande homosexuelle" devant les mineurs, ils ont néanmoins salué les dernières déclarations du président russe qui a assuré ce lundi que les athlètes se sentiront "bien à Sotchi, quelles que soient leur nationalité, leur appartenance ethnique ou leur orientation sexuelle". "C'est le signe que les autorités russes sentent la pression venue de Russie et d'ailleurs pour faire retirer ces lois", a estimé Andre Banks, responsable de All Out. "Mais ce n'est pas assez", a affirmé le co-fondateur du mouvement, bien déterminé à faire abroger ces lois.

Ce mercredi, Sotchi célèbre la dernière ligne droite avant les Jeux Olympiques. La station balnéaire n'est pas encore prête, les choses n'avançant pas aussi vite que prévu.

Et si les retards dans la mise en place des installations reste l'un des sujets de préoccupation, le question des droits de l'Homme et des homosexuels est également au coeur des débats, les appels au boycott étant toujours d'actualité.

Moyens d'action

A ce sujet, Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë et membre du CIO, a appelé sur RTL les athlètes à "être plus malins que les Russes". Pour lui, "le meilleur moyen de faire évoluer les mentalités, c'est d'aller sur place, de communiquer et de montrer l'ouverture d'esprit". Il a néanmoins rappelé que les athlètes étaient soumis à une obligatoire de réserve et de neutralité sur les podiums olympiques, évoquant même les sanctions auxquels ils s'exposent s'ils tentaient de faire passer des messages politiques.

En Russie, des homosexuels témoignent d'une situation difficile et d'une recrudescence d'actes homophobes. C'est le cas d'un lycéen interrogé par RTL qui explique qu'il s'est fait agresser et qui appelle les athlètes et le public des JO à militer, à "porter des vêtements arc-en-ciel" (...) pour "rendre le pouvoir totalement dingue".

Et pourquoi pas proposer des canettes de Coca aux couleurs du raindow-flag? C'est ce que propose Masha Gessen, une activiste gay russe interrogée par The New Yorker qui trouverait le geste beaucoup plus "efficace" que n'importe quel discours de sportif. La balle est dans le camp des sponsors.

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