Algérie : ce qu'il faut retenir de la journée de vendredi

Les opérations de l'armée algérienne dans le site gazier d'In Amenas ne seraient toujours pas terminées, malgré la mort de 18 ravisseurs. 100 otages étrangers et 573 algériens ont été libérés, 30 sont encore "manquants" et au moins 12 ont été tués. BFMTV.com fait le point.

Victor Garcia
Le 18/01/2013 à 20:50
Mis à jour le 18/01/2013 à 22:48
Vue aérienne du site gazier d'In Amenas en Algérie. (DigitalGlobe - AFP)

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Le site gazier d'In Amenas en Algérie, à la frontière libyenne, a été attaqué, mercredi matin, par des combattants liés à Al-Qaïda. L'armée algérienne a décidé de répondre brutalement, en lançant plusieurs assauts jeudi et vendredi, malgré la présence du gaz. Résultat : plusieurs otages auraient trouvé la mort, ainsi que 18 ravisseurs (dont peut-être un français).

Sept à dix assaillants seraient encore retranchés dans la salle des machines, où les autorités poursuivent leurs opérations. Selon Alger, 573 otages algériens et une centaine d'étrangers, dont un Français, ont été libérés. 30 sont encore déclarés "manquants".

En marge de cette prise d'otages en Algérie, on apprend par ailleurs François Hollande recevra dimanche les familles des otages français détenus au Sahel, a annoncé l'Elysée.

>> Revivre les évènements de la journée du vendredi 18 janvier.

Où en est l'opération militaire ?

Malgré les protestations internationales et l'inquiétude d'Hillary CLinton, l'assaut est toujours en cours. L'armée algérienne espère reprendre le contrôle sur l'ensemble du site, qu'elle ne maîtrise que partiellement. Sept à dix islamistes seraient d'ailleurs encore retranchés dans la salle des machines et détiendrait sept otages (c'est en tout cas ce qu'affirment des sources islamistes). Munis d'explosifs, les ravisseurs auraient menacé de "tout faire sauter".

L'armée aurait donc lancé dans l'après-midi un second assaut contre cette partie du site, après avoir préalablement coupé le gaz sur l'ensemble du site. 18 terroristes auraient été exécutés, dont un qui pourrait être de nationalité française.

>> Lire aussi : "Algérie : pourquoi l'intervention a-t-elle été aussi violente ?"

Combien de morts côté otages ?

Une trentaine selon certaines sources. Selon le dernier bilan de l'agence Algérie Presse Service, qui cite une source sécuritaire, "en plus des 18 terroristes mis hors d'état de nuire, 12 employés algériens et étrangers ont péri" depuis le début de l'opération de l'armée. Parmi eux, un otage français, a confirmé vendredi soir Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.

La source sécuritaire algérienne n'a pas donné plus de précision sur le nombre et la nationalité des victimes étrangères. Elle a par contre affirmé qu'il s'agissait d'un bilan provisoire... qui pourrait donc augmenter.

Par ailleurs, une trentaine d'otages occidentaux sont encore portés disparus. Parmi eux, il y aurait notamment des Américains que les terroristes espèrent échanger contre deux jihadistes.

La version des ravisseurs. Le commando islamiste détient encore sept ressortissants étrangers, ont affirmé des sources islamistes à l'Agence mauritanienne Nouakchott Information (ANI).

Les otages sont trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique, selon les mêmes sources qui précisent que les ravisseurs sont venus du Niger et non de Libye comme l'avaient affirmé jeudi des sources algériennes.

>> Lire aussi : "Crise algérienne : retour sur un assaut en cinq actes"

Combien d'otages libérés ?

Plus de 500, dont un Français. L'intervention de l'armée algérienne, bien que brutale, a permis de libérer 573 otages algériens ainsi qu'une centaine de ressortissants étrangers.

Parmi eux, un Français : Alexandre Berceaux, libéré après 40 heures de détention. "Il est fatigué, en état de choc. Il a décollé d'Algérie. On attend de savoir où on va le récupérer", a déclaré Alain Berceaux, son père. 

"Cela a commencé mercredi à 5h30, il m'a envoyé un SMS à 6h30. Il m'a dit qu'il entendait des coups de fusil et d'armes plus lourdes et qu'il était caché sous son lit", a raconté M. Berceaux. "J'avais des contacts avec les responsables de son entreprise: il ne fallait surtout pas que ça se sache qu'il était français", a-t-il encore dit.

Le jeune homme a finalement été libéré par l'armée algérienne, jeudi vers 23h00.

"Nous faisons face à un terrorisme global et local"

Lors d'une conférence de presse portant sur la lutte contre la délinquance en 2012, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a tenu à revenir sur la situation en Algérie.

S'il s'est refusé à donner un quelconque bilan de la prise d'otages toujours en cours, le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité à déclarer que la France devait faire face  à "un ennemi extérieur (...) au Mali", mais aussi "un ennemi intérieur lié à ces réseaux par la formation, par les déplacements à l'étranger, au Pakistan en Afghanistan, en Syrie. Hier en Libye. Aujourd'hui dans le Sahel".

Manuel Valls a rappelé que ce terrorisme "pouvait frapper" avant de préciser qu'il appartenait à l'État de faire face à la menace "sans l'exagérer et sans la sous-estimer". Il a rappelé que le but du plan Vigipirate rouge renforcé était bien de maintenir le pays en état de vigilance.

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