Récidive : Taubira veut limiter les séjours en prison

La ministre de la Justice doit présenter, avant le mois de juin, un projet de loi qui vise à refondre le système des peines utilisées en droit français. Apparition des peines de probations, disparation des peines planchers, Christiane Taubira veut lutter contre le "tout-carcéral".

Igor Sahiri (vidéo) | S. A.
Le 21/02/2013 à 12:41

La prison n'est pas l'essentiel pour Christiane Taubira qui entend que la "réinsertion devienne la priorité". La ministre de la Justice est appuyée en ce sens par les travaux de la Conférence de consensus sur la récidive qui remettent en cause l'efficacité du "tout-carcéral".

Douze propositions axées sur les peines purgées hors de prison, la fin des sanctions automatiques et la systématisation des libérations conditionnelles ont été remises mercredi soir au Premier ministre Jean-Marc Ayrault et à la garde des Sceaux en vue d'un projet de loi attendu en juin.

"La prison est necesaire mais elle ne peut pas être la seule peine de référence, justement parce qu'elle est créatrice de récidive", a détaillé Christiane Taubira dans Le Parisien jeudi matin, et dans ce domaine, "le courage politique nous dicte de fixer des objectifs".

Création de la peine de probation

La première proposition consiste à créer "une nouvelle peine, la peine de probation". Le président François Hollande s'était lui-même prononcé en faveur du dispositif de probation. "Elle permettrait au juge de prononcer un certain nombre de contraintes lourdes en lieu et place d'une peine d'incarcération", plaide la ministre sentant certainement venir de l'opposition les critiques de laxisme, mais précisant que "de nombreuses personnalités UMP" ont participé aux discussions. 

Le rapport préconise aussi de mettre fin aux peines de prison automatiques pour les récidivistes et d’arrêter les peines planchers créées sous Nicolas Sarkozy. Peines courtes et manque de suivi, "c'est un cocktail idéal pour créer de la récidive", insiste Christiane Taubira avant de pointer l'inutilité du programme. "Les juges n'ont pas besoin d'un tel dispositif", insiste-t-elle.

Enfin, si aucune proposition de dépénalisation n'est formulée dans le rapport, il est envisagé de rendre certains délits, routiers notamment, passibles d'une contravention à la place de la prison. Ce type de délit représentent "42% des jugements prononcés dans les tribunaux correctionnels", s'exclame Christiane Taubira.

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