La pilule n'aurait pas dû être prescrite à certaines femmes

Une étude du CHU de Brest affirme que la pilule n'aurait pas dû être prescrite aux femmes présentant certains facteurs de risques, associés aux effets du contraceptif oral.

A.S. avec AFP
Le 01/02/2013 à 11:53
Mis à jour le 01/02/2013 à 11:56
Le CHU de Brest rappelle que la prescription d'une pilule ne doit pas être prise à la légère. (Wikimedia)

Ce qu'il faut retenir Depuis 1985, l'ANSM a recensé au total 567 déclarations d'accidents "thromboemboliques veineux" liés aux pilules : 46% pour celles de 2e génération commercialisées depuis les années 70 et 43% pour celles de 3e génération. Sur ces 567 cas, il y a 13 décès (1 pour la 1e génération, 6 pour la 2e, 4 pour la 3e et 2 pour la 4e).

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La plupart des femmes ayant fait des accidents cardiovasculaires sous pilule n'auraient jamais dû prendre de contraceptif oral en raison de facteurs de risques associés, souligne une étude du CHU de Brest.

"Une pilule ne se prescrit pas à la légère et pour ces femmes la question aurait dû être : est-ce que je prescris la pilule",  résume le Pr Christian Riché, directeur du centre de pharmacovigilance de Brest.

155 cas d'embolies ou d'AVC sous pilule

En passant au crible 550 hospitalisations intervenues entre 1998 et 2012, le CHU de Brest a recensé 155 femmes de 15 à 45 ans ayant fait des embolies pulmonaires ou des accidents vasculaires cérébraux (AVC) alors qu'elles prenaient la pilule, toutes générations confondues.

Seulement 23 (15%) d'entre elles ne présentaient aucun facteur de risque identifiable (tabac, obésité, antécédents familiaux, immobilisation lors d'une chirurgie ou d'un voyage récents) auxquelles viennent s'ajouter 23 femmes porteuses d'une anomalie cardiaque non détectée avant l'accident.

Au total, trois femmes sont mortes en l'espace de quatorze ans dans ce CHU, d'embolie pulmonaire ou d'AVC, selon l'étude discutée lundi dernier à l'agence du médicament (ANSM) lors d'une réunion technique destinée à faire le point sur les pilules de 3e et 4e générations.

Diane 35 sur-représentée

Deux jours après cette réunion, l'ANSM annonçait sa décision de suspendre d'ici à trois mois les ventes de Diane 35, largement prescrit comme contraceptif au cours des 25 dernières années, en raison des risques encourus par les utilisatrices.
    
Diane 35 et ses génériques sont mentionnés dans 17 des 155 cas répertoriés par l'étude brestoise, avec une "sur représentation" de ce médicament chez les femmes ayant fait des embolies pulmonaires (15 cas sur 80).

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Les pilules de 3e et 4e générations sont pour leur part pointées du doigt dans 20 cas sur 80, le reste se répartissant entre les pilules de 2e génération, des pilules non identifiées et d'autres contraceptifs hormonaux.

Le facteur tabac en tête des risques

Mais au delà des risques accrus présentés par certains contraceptifs, l'étude montre l'importance des facteurs de risques annexes dans la survenue d'un accident. "Le poids, le tabac et les antécédents familiaux lorsqu'ils se cumulent pourraient s'avérer être le risque majeur", relève le Pr Riché.
    
Seulement 8 des 75 femmes hospitalisées pour des AVC à Brest n'avaient aucun facteur de risque, tandis que 62 en présentaient un ou plus, les autres ayant des risques non identifiables à l'interrogatoire.
    
Le tabac arrive en tête des risques associés à la prise d'une pilule, avec 41 mentions pour 75 cas d'AVC, devant les facteurs de risques vasculaires (36) et les antécédents familiaux (21). Enfin 19 des femmes hospitalisées à Brest pour un AVC sous pilule avaient plus de 40 ans.

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