Militant agressé: les JNR, "seul groupe skin organisé en France"

Selon Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, le militant d'extrême gauche agressé à Paris mercredi aurait été victime des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, un groupuscule d'extrême droite.

Mathieu Dehlinger
Le 06/06/2013 à 9:48
Mis à jour le 06/06/2013 à 9:53
Les JNR en 2011 devant la statue de Jeanne D'Arc, à Paris. Serge Ayoub (neuvième à partir de la gauche) est leur fondateur. (Philippe Huynh-Minh – Wikimedia - CC)

Après l'agression mortelle d'un militant d'extrême gauche à Paris mercredi soir, le Parti de gauche a désigné comme responsables les JNR, Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires.

Clément Méric, 19 ans, aurait été "violemment frappé au sol par un groupe de plusieurs militants d’extrême droite, manifestement selon des premiers témoignages du Groupe JNR" (Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires), a ainsi écrit Alexis Corbière. Le secrétaire national du Parti de gauche a ensuite évoqué "l'horreur fasciste qui vient de tuer à Paris".

Serge Ayoub, le fondateur du groupe, a de son côté démenti toute implication.

> Qui sont les JNR?

Les JNR ont été créées "à l'automne 1987 par Serge Ayoub et [ont] disparu au milieu des années quatre vingt-dix", avant de renaître quelques années plus tard. Serge Ayoub "a redonné vie aux JNR, dont le slogan 'Croire, combattre, obéir', est une reprise du fascisme italien", expliquent Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde et spécialistes de l'extrême droite.

Les JNR sont présentées comme "le seul goupe skin organisé en France" par les essayistes Caroline Fourest et Fiammetta Venner dans leur ouvrage sur Marine Le Pen. Les deux femmes décrivent le fondateur du groupe, Serge Ayoub, comme un homme d'origine libanaise ayant grandi à Bagnolet "où il se bat fréquemment".

De là viendrait son surnom, Batskin, "pour son aisance à manier la batte de base-ball", affirmait Renaud Dély dans son Histoire secrète du Front national.

> Quelle est leur idéologie?

Selon le spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus, "les JNR se présentent comme des nationalistes révolutionnaires". "Ils sont contre la mondialisation, le libéralisme, la financiarisation, la dérégulation, l’argent", explique-t-il dans une interview à Libération. "Dans leur revendication, la priorité est donnée aux problématiques économiques et sociales."

Les JNR disent se battre pour une "alternative au gauchisme internationaliste et au capitalisme mondiale" et "combattre dans la longue tradition révolutionnaire et européenne pour la défense des travailleurs", selon le site de la Troisième Voie, autre organisation liée à Serge Ayoub.

Le groupe se montre régulièrement le 9 mai, traditionnel rendez-vous de l'extrême droite à Paris.

> Les JNR sont-ils impliqués?

Si le Parti de gauche cite nommément le groupe comme un potentiel suspect, Manuel Valls ne parle que de "skinheads". Le ministre de l'Intérieur estime cependant, dans un communiqué, que cette violence "porte la marque de l'extrême droite".

Sur France Info, Serge Ayoub, lui, dément tout lien avec l'agression. "Ce ne sont en aucun cas des membres des JNR qui sont impliqués dans ce malheur", explique-t-il, rejettant la responsabilité sur les "jeunes d'extrême gauche".

Selon lui, "ils ont attendu dans un véritable guet-apens trois jeunes hommes qui avaient le malheur d'avoir les cheveux trop courts". "Ces trois jeunes hommes qui n'ont jamais été condamnés, qui ont 20 ans, qui sont des travailleurs, ont été obligés de se défendre et sont partis le plus rapidement possible pour fuir les problèmes."

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