Homophobie sur Twitter: "On est au-delà de la blague potache"

Régulièrement, des messages homophobes et racistes enflamment les réseaux sociaux. Les associations exigent de Twitter une réaction plus forte.

Alexandra Gonzalez
Le 15/08/2013 à 10:22
Ces deux visuels sont régulièrement diffusés par SOS Homophobie pour réveiller les consciences. (SOS Homophobie - Montage BFMTV)

"On est depuis longtemps clairement au-delà de la blague potache." Elisabeth Ronzier, présidente de SOS Homophobie, reste pantoise face au déferlement récurrent de messages racistes et homophobes sur les réseaux sociaux. "On est toujours aussi choqués par le nombre de messages, et par leur violence", confie-t-elle à BFMTV.com.

Ainsi, ce week-end, deux "hashtags" polémiques ont fait partie des sujets les plus évoqués (trending topics) sur Twitter France: #LesGaysDoiventDisparaîtreCar, et #TeamHomophobe. Avec, à la clé, des tweets souvent truffés de fautes d'orthographe, moquant ouvertement les homosexuels, ou incitant parfois même à des actes violents.

Derrière ces messages se cachent généralement des adolescents "qui font preuve d'un manque de maturité évident", analyse Elisabeth Ronzier. "Sur Internet, l'homophobie est démultipliée. Les jeunes sont convaincus que sur le web, ils peuvent s'affranchir des lois."

Une analyse qui se confirme en parlant avec une jeune "twittos", qui lance régulièrement des hashtag homophobes, et se clashe avec des internautes ouvertement racistes. "Oui c'est vrai, je parle des gays, je l'assume, je ne les aime pas, on est jeunes, on est sur un réseau social, on peut parler de tout. Nous, on a des grandes bouches, on s'exprime, et puis Twitter appartient aux Américains..." Surprise d'apprendre qu'elle risque des poursuites judiciaires, la jeune fille répond alors: "Hmmm, je vais prévenir mes potes, on va se calmer."

Les associations réclament plus de répression

Effectivement, comme l'a rappelé la ministre de l'économie numérique Fleur Pellerin sur BFMTV lundi, "il existe un arsenal juridique et une collaboration entre le gouvernement et les réseaux sociaux Twitter et Facebook." Mais force est de constater que les mécanismes d'alerte mis en place par le géant américain ne fonctionnent pas. "Twitter peut désindexer un hashtag et rendre inaccessible les messages qui vont avec, mais il ne supprime rien, donc ça ne suffit pas à entraver le sentiment d'impunité. Les résultats ne sont pas à la hauteur", estime Elisabeth Ronzier.

Un constat partagé par le comité Idaho, qui lutte pour les droits des homosexuels. Mardi, l'association a porté plainte contre Twitter pour diffusion d'appel à la haine envers les homosexuels. "Ce n'est pas la première fois qu'un hashtag de ce style est diffusé et les moyens d'alertes ne fonctionnent pas", écrit l'association.

Joint par BFMTV.com, Twitter reconnaît qu'il ne peut "surveiller ni filtrer de manière proactive le contenu sur la plateforme, soit plus de 400.000 tweets publiés chaque jour, mais assure "que le travail en lien avec les associations se poursuit".

Dès lors, quelle solution à court terme peut permettre d'endiguer le phénomène? Pour Elisabeth Ronzier, la réponse est entre les mains des réseaux sociaux. "Il faut plus de rappels à la loi, et que Twitter agisse plus sévèrement. C'est peut-être un des seuls domaines où la répression peut avoir un effet bénéfique. Si les utilisateurs ont leur compte supprimé à chaque fois qu'ils postent des messages à caractère homophobe ou raciste, je pense qu'ils réfléchiront à deux fois avant de recommencer."

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