Mali : à Tombouctou, la population se venge contre les "Arabes"

Mardi matin, des centaines de Maliens pillaient des magasins appartenant selon eux à des soutiens des islamistes qui ont fui Tombouctou lundi.

M. T. avec AFP
Le 29/01/2013 à 12:50
Mis à jour le 29/01/2013 à 12:57
Habitants de Tombouctou, le jeudi 24 janvier (BFMTV)

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Après une occupation de dix mois, l'heure était aux règlements de compte hâtifs dans Tombouctou libérée. Mardi matin, des centaines de Maliens pillaient des magasins appartenant selon eux à "des Arabes", qu'ils accusaient d'être "des terroristes" alliés des islamistes armés.
    
La foule, constituée de personnes visiblement très pauvres, s'en prenait à des magasins tenus selon elle par "des Arabes", "des Algériens", "des Mauritaniens". Ceux-ci étaient accusés d'avoir soutenu les islamistes armés liés à Al-Qaïda, qui ont occupé dix mois la ville reprise lundi sans combat par les armées française et malienne.

Dans certaines boutiques, des munitions et des radios militaires ont été découvertes. Mais l'essentiel de la population était plutôt occupée à se saisir de tout ce qui traînait : télévisions, antennes satellite, nourriture, meubles, vaisselle... Certains se battaient pour la possession d'objets, d'autres défonçaient les portes métalliques verrouillant les échoppes, dont certaines ont été intégralement vidées en quelques minutes.

Un homme à deux doigts d'être lynché

Dans le quartier d'Abaradjou, un homme qui logeait dans une ancienne banque, reconvertie par les islamistes en "centre de recommandation du convenable et de l'interdiction du blâmable", a été sorti du bâtiment par une foule hystérique de centaines de personnes, parfois armées de bâtons.
    
L'homme, barbu et âgé d'une quarantaine d'années, a rapidement été arrêté par l'armée malienne installée dans la ville, les Français s'étant repliés dans les faubourgs. "C'est un islamiste", a affirmé un soldat malien. "Il n'est pas d'ici!", "C'est un terroriste!", ont renchéri hommes et femmes entourant les militaires. Les soldats maliens ont dû braquer leurs armes sur la populace en furie pour éviter à l'homme d'être lynché.
    
En milieu de matinée, une patrouille malienne est arrivée et a mis fin au pillage. "On ne va pas laisser les gens piller. Mais il est vrai que des munitions ont été trouvées dans certains magasins", a indiqué un officier malien.

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