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Des nanoparticules non étiquetées retrouvées dans 20 produits du quotidien, selon une étude

Un rayon de supermarché (image d'illustration)

Un rayon de supermarché (image d'illustration) - Denis Charlet-AFP

Lait infantile, brosse à dents, caleçon pour homme... Des particules microscopiques, dont certaines dangereuses pour la santé, ont été détectées dans des produits de grande consommation ne portant pas l'étiquetage "nano".

"Nous n’aurions pas parié sur une si forte proportion". L'association Avicenn publie ce jeudi une enquête dans laquelle elle révèle la présence de nanoparticules non étiquetées et "parfois même non autorisées" dans une vingtaine de produits du quotidien testés.

Sur les 23 produits "vendus à grande échelle" et "utilisés par le grand public" testés par l'association, 20 contenaient ces particules d'une taille inférieure à 100 nanomètres ce qui facilite leur pénétration dans l'organisme.

Du fait de leur taille microscopique qui leur permet d'être absorbées par voie orale, respiratoire ou cutanée, certaines sont interdites car pouvant être dangereuses pour la santé en cas de trop forte exposition. Elles sont toutefois fréquemment utilisées dans l'industrie alimentaire pour améliorer la texture ou la couleur d'un produit. Celui-ci - s'il est cosmétique, alimentaire ou biocide - doit alors intégrer la mention "nano" après chaque particule au diamètre inférieur à 100 nm.

Dioxyde de titane dans un stick à lèvres, argent dans une culotte menstruelle ou encore silice dans une pâte à tarte... Certains types de nanoparticules ont été détectés au cours de tests en laboratoires, "le seul moyen fiable mais très onéreux" de vérifier leur présence dans des produits finis.

Toujours selon l'association Avicenn, des nanoparticules "communément utilisé(e)s" mais "pas autorisé(e)s" ont été découvertes. C'est notamment le cas du dioxyde de titane et de l'oxyde de fer dans les produits cosmétiques mais également du nano-argent dans les produits d'hygiène et de santé.

Appel à plus de contrôles et de sanctions

En conclusion, l'association Avicenn lance un appel aux autorités publiques. Elle souhaite que soient améliorées les connaissances sur les nanomatériaux commercialisés ou encore une meilleure transparence sur ces derniers en intensifiant les contrôles et les sanctions si non-respect des obligations légales.

"Le risque est grand en effet que de nombreux nanos sortent des radars des autorités publiques!", alerte l'association.

Une précédente enquête datant de 2017 et cette fois-ci menée par 60 Millions de consommateurs avait également mis en évidence la présence de nanoparticules dans 18 produits, tous alimentaires.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV