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Un site français de généalogie en ligne permet de retrouver des cousins grâce à son ADN

Le site de généalogie Geneanet va donner à ses membres la possibilité de comparer leur patrimoine génétique avec d'autres utilisateurs, pour établir des liens de parenté. Le tout alors même que les tests ADN en kit restent illégaux en France.

Les tests ADN en kits sont interdits en France mais qu'à cela ne tienne: le site de généalogie Geneanet a trouvé la parade pour mettre les données génétiques au service de la construction d'arbres généalogiques plus précis. Ce 18 février, la plateforme a mis en place un outil de recherche de correspondances génétiques entre individus. 

Pour ce faire, la plateforme permettra à ses utilisateurs d'intégrer à leur profil les résultats de tests ADN réalisés chez les grands acteurs du secteur - dont 23andMe ou encore MyHeritage. En l'échange de quelques dizaines d'euros, ces mêmes tests décortiquent l'ADN de leurs utilisateurs pour en faire ressortir des origines géographiques ou prédispositions médicales. Ils connaissent par ailleurs un succès considérable. 

Début 2019, le MIT estimait que 26 millions de curieux y avaient eu recours à travers le monde. Malgré leur illégalité en France et le risque d'avoir à payer une amende de 3750 euros, plus de 100.000 Français s'en procureraient un par an. 

Renouer avec des proches

À défaut de lancer sur le marché son propre kit de test ADN, le site créé en 1996 se contentera de mettre en relation les fichiers de données obtenus auprès des grands acteurs du secteur. Geneanet ainsi tout bonnement devenir "la plus grande base de correspondances ADN en Europe".

Concrètement, son outil viendra explorer les près 550.000 lignes de données reçues à la suite d'un test, pour les comparer à d'autres fichiers et faire des recoupements ADN avec d'autres utilisateurs -et donc, retrouver des proches, voire relier différentes branches d'une famille.

En cas de correspondance avec un autre membre du site, une alerte sera envoyée pour que Geneanet puisse, ou non, faire son travail de mise en relation. L'usager aura dès lors le choix: nouer un contact avec un potentiel proche, sous pseudo ou de manière anonyme. Avec le risque de mettre le doigt sur de potentiels secrets de famille.

Si l'outil séduit, les recoupements sont susceptibles de faire légion. Le site recense trois millions d'inscrits et cinq millions de visiteurs par mois, pour près de sept milliards d'individus intégrés à ses arbres généalogiques. "Aucun partage de données ADN ne se fera entre membres du réseau", rappelle Jacques Le Marois, fondateur et président de Geneanet. "Chaque utilisateur reste propriétaire de ses données et peut les retirer à tout moment sans que Geneanet n’en conserve la moindre copie."

À terme, Geneanet ne voit "aucune barrière" au fait de proposer des propre kits et reste en l'attente d'une loi favorable sur le sujet. La loi actuellement en vigueur garde néanmoins peu de chances d'être assouplie. Au fil des débats sur la révision de la loi bioéthique, les tests ADN pour le grand public ont été refusés par l'Assemblée nationale, puis acceptés en commission spéciale du Sénat, avant d'être à nouveau refusés en séance par les sénateurs. 

La désormais ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est montrée "profondément défavorable" à la commercialisation de tels tests, qu'elle perçoit comme un "cheval de Troie qui ouvre la voie au dépistage génétique à visée médicale". Le texte est voué à repasser prochainement devant l'Assemblée nationale, pour le vote définitif de la loi. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech