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Un pistolet imprimé en 3D confisqué dans un aéroport aux Etats-Unis

Le Liberator, le pistolet en plastique de Cody Wilson.

Le Liberator, le pistolet en plastique de Cody Wilson. - Deense distributed

Ce pistolet et cinq balles ont été découverts dans les bagages d'un passager qui s’apprêtait à prendre l’avion. De quoi relancer la polémique sur le contrôle des armes imprimées en 3D.

La tension est montée d'un cran il y a quatre jours l’aéroport de Reno-Tahoe dans le Nevada. Lors d’un banal contrôle des bagages à main, les officiers chargés de la sécurité ont trouvé un pistolet imprimé en 3D chargé avec cinq minutions dans les effets d’un passager.

C’est la TSA (Transportation Security Administration) qui a dévoilé l’incident sur son compte Instagram. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle trouve régulièrement des revolvers dans les bagages des passagers américains. Rien que la semaine dernière, 68 armes à feu ont été confisquées dans les aéroports aux Etats-Unis. Il est beaucoup moins fréquent, en revanche, de tomber sur une arme imprimée en 3D.

Le recours à l’impression 3D pour fabriquer des armes remonte à 2013, lorsque l’étudiant texan crypto anarchiste Cody Wilson a lancé la plateforme Defense Distributed pour mettre au point une arme en plastique open source, dont les plans sont disponibles en ligne et permettent d'assembler une arme à feu en kit comme un meuble IKEA. Ce qui a abouti au fameux pistolet Liberator dont on peut voir la photo en tête de notre article.

Les armes imprimées en 3D échappe à tout contrôle

Par la suite, des modèles plus sophistiqués et plus efficaces sont apparus avec des pièces en métal nécessitant de faire appel à un tiers pour les fabriquer. C'est la raison pour laquelle Cody Wilson a aussi développé Ghost Gunner, une machine dédiée à l'impression de fusils semi-automatiques qui coûte 1500 dollars. Aujourd'hui, des milliers d'armes imprimées en 3D seraient en circulation, alors même qu'elles sont interdites dans de nombreux pays dont la France.

Une petite révolution effrayante pour les autorités puisqu'elle donne la possibilité à n’importe qui de s’équiper sans posséder de port d’armes et sans faire appel à un revendeur agréé. Terminés également les numéros de série permettant de tracer une arme. Et pour clore le tout, lorsque les composants sont en plastique, les machines ne peuvent être détectées par les traditionnels magnétomètres. Bref, du pain bénit pour les criminels et les terroristes.

Le fait que la TSA en ait découvert une ces derniers jours n'est donc pas forcément une mauvaise nouvelle. Bien au contraire. Cela veut peut-être dire qu'elle bénéficie enfin des moyens techniques de les détecter. Mais elle reste évidemment très discrète sur ce dernier point.

Amélie Charnay