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Trop envahissante, la pub en ligne agace sérieusement les Français

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Au fil des années, la publicité en ligne ne cesse de croître. Mais elle a tellement envahi les écrans de nos ordinateurs qu'elle en devient détestable. Les annonceurs vont devoir réinventer leurs "réclames".

Film publicitaire empêchant d’accéder immédiatement à une page Web, bandeau faisant descendre le contenu qui vous intéresse hors de l’écran, pop-ups en tout genre… Près de 83% des Français se déclarent "irrités" par la publicité en ligne, jugée trop intrusive, selon un sondage de l'institut CSA publié ce 3 mars 2016.

Pour s'épargner ces annonces, 24% des personnes interrogées ont installé un bloqueur de publicité et 14% ont l'intention de s'en équiper. 46% des internautes renonceraient à en installer un à condition de pouvoir fermer la publicité dès son ouverture. 32% des internautes équipés de bloqueurs seraient également prêts à les désinstaller dans ce cas.

Quant aux solutions alternatives, qui rendraient les sites payants, elles ne séduisent pas: seuls 4% des internautes seraient ainsi prêts à payer pour une navigation sans publicité. "Les internautes sont peu conscients spontanément du manque à gagner pour les sites. Ils ne l'envisagent que dans un deuxième temps et en minorent significativement l'impact", analyse l'institut CSA, qui a également réalisé des entretiens en face-à-face avec des internautes.

Réfléchir à de nouveaux formats publicitaires

De nombreux éditeurs de presse tentent de lutter contre ces bloqueurs de publicité qui les privent d'une partie de leurs revenus. En Allemagne, le groupe de presse Axel Springer a attaqué en justice la société éditant Adblock Plus, un logiciel gratuit développé il y a dix ans et installé plusieurs centaines de millions de fois. Le tabloïd de Springer, Bild, refuse ainsi l'accès aux internautes ayant un bloqueur de pubs. Pour le consulter, ils doivent soit désactiver le logiciel - ce que font la majorité d'entre eux -, soit payer un abonnement sans publicité.

De leur côté, les annonceurs sont à la recherche de nouvelles formes de publicité et misent notamment sur la publicité "native": non plus des publicités mais des publireportages rédigés spécialement pour un annonceur et intégrés aux sites.

Enfin, à l’automne dernier, la fédération mondiale de la publicité en ligne, l’Interactive Advertising Bureau, a admis "s’être plantée". Et a annoncé, pour assainir les pratiques publicitaires sur le Web, le lancement d’une nouvelle certification des publicités en ligne réservée aux formats "légers, chiffrés, qui donnent le choix à l’utilisateur et qui ne sont pas invasifs".

C.B., avec AFP