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Piratage: cinq hommes condamnés pour des sites illégaux de streaming de compétitions sportives

Le stade Vélodrome

Le stade Vélodrome - ICON

Créés il y a six ans, les sites reprenaient illégalement le signal des diffuseurs de matchs de football, de basket ou de rugby. Ils ont attiré plus de 7 millions de visiteurs en trois ans.

Cinq hommes âgés de 43 à 57 ans ont été condamnés ce lundi 8 juin par le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir créé une multitude de sites pirates de streaming, spécialisés dans la retransmission de compétitions de sport. Les peines vont de 5.000 euros d'amende avec sursis à 12 mois de prison dont six avec sursis pour Olivier O., 46 ans, habitant près de Rennes, principal protagoniste dans l’affaire. Il a été condamné pour contrefaçon et blanchiment d'argent. Le tribunal a ordonné la confiscation de son véhicule et de ses comptes bancaires.

7,5 millions de visiteurs uniques

Avec les autres prévenus, il lui est reproché d'avoir diffusé sur "une galaxie de sites", depuis au moins 2014, des événements sportifs (football, basket, rugby...) réservés aux abonnés de chaînes payantes. La chaîne Canal Plus était ainsi diffusée gratuitement 24H/24. Les neuf sites les plus fréquentés ont attiré plus de 7,5 millions de visiteurs uniques de 2014 à 2017, selon une estimation citée à l'audience en mars.

"Il a toujours reconnu sa participation. Il a envie de tourner la page", a déclaré à l'AFP son avocate Me Hélène Laudic-Baron, en évoquant une "condamnation mesurée" eu égard aux confiscations. 

La société Canal Plus, qui s'était portée partie civile, réclame 29,9 millions d'euros de dommages et intérêts aux prévenus qui encouraient une peine maximale de dix ans de prison. Les sociétés SFR (propriété d’Altice Europe, comme BFMTV) et beIN Sports se sont également portées parties civiles. Le tribunal a renvoyé l'audience sur les intérêts civils au 15 octobre à 14H00. 

"C'est là que vont se jouer les choses", a souligné Me Laudic-Baron, estimant que "la manière dont sont présentées les conséquences financières de la contrefaçon ont été surestimées par les parties civiles".

Yannick T., 43 ans, rémunéré 55.000 euros entre 2014 et 2018 pour diffuser des matchs et administrer les sites, a lui écopé d'une peine de six mois avec sursis, avec confiscation de son véhicule et de ses comptes bancaires.

Jean-Éric M., 57 ans, qui disait avoir agi "dans l'esprit Robin des Bois", a été condamné à une amende de 20.000 euros dont 10.000 euros avec sursis, à l'instar d'Alexandre G., 43 ans.

Franck C., 48 ans, originaire de Roubaix (Nord), qui disait avoir été pris pour un "nigaud", a été condamné à 5.000 euros avec sursis.

Raphael Grably avec AFP