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Parlement européen: cinq questions auxquelles Mark Zuckerberg n’a pas voulu répondre

Mark Zuckerberg au Parlement européen, le 22 mai 2018

Mark Zuckerberg au Parlement européen, le 22 mai 2018 - JOHN THYS / AFP

Pendant près d’une heure, le fondateur de Facebook a écouté les questions des différents élus européens, avant d’apporter des réponses plutôt évasives.

De nombreuses questions posées à la suite, puis une réponse globale. C’est le format adopté par le Parlement européen pour auditionner Mark Zuckerberg. Faute d’interactivité, le PDG de Facebook a eu le temps de prendre note des questions des différents présidents de groupe européens. Une confrontation très indirecte qui a permis à l'entrepreneur américain d’éluder les points les plus sensibles. Voici les questions auxquelles il n’a pas voulu répondre.

Quels concurrents pour Facebook ?

Posée successivement par l’allemand Manfred Weberg et le belge Guy Verhofstadt, la question de la concurrence de Facebook - et donc d’un potentiel monopole - a été contournée avec habileté. Mark Zuckerberg a évoqué l’émergence “de nouveaux concurrents”, sans jamais donner le moindre nom. Il a également rappelé qu’il ne captait “que” 6% du marché publicitaire mondial.

D’autres scandales à l’avenir ?

Toujours posée par Manfred Weberg, appuyé par le Britannique Claude Moraes, la question du scandale Cambridge Analytica a rapidement refait surface. Comme il l’a fait face au Congrès américain, Mark Zuckerberg a rappelé que les éditeurs d’applications sont désormais passés en revue avant qu’ils ne puissent accéder aux données d’utilisateurs de Facebook. Il a également mentionné la suspension de 200 applications. Mais aucune information n’a été communiquée sur l’importance des données collectées par les éditeurs sanctionnés.

Comment sont gérés les “profils fantômes” ?

Une nouvelle fois, Mark Zuckerberg s’est gardé d’évoquer l’existence des “profils fantômes”, créés grâce à la collecte de données d’internautes qui ne sont pas inscrits sur Facebook. Le sujet est pourtant sensible, dans la mesure où ces internautes sont techniquement incapables de supprimer - ou de connaître - les données que Facebook possède sur eux. Le dirigeant de Facebook s’est contenté de rappeler l’arrivée d’une fonction permettant aux utilisateurs de nettoyer leur historique publicitaire. Invité à donner davantage de précisions, Zuckerberg est passé à la question suivante.

Facebook va-t-il payer ses impôts ?

Posée par le Belge Phillipe Lamberts, la question de la fiscalité est récurrente face aux géants américains. Et pour cause, Facebook déclare l’immense majorité de son chiffre d’affaires en Irlande, où l’entreprise est très peu imposée. Pour s’en sortir avec les honneurs, Mark Zuckerberg a opté pour l’argument de l’emploi. Il a ainsi rappelé que Facebook fait travailler 10.000 salariés en Europe.

Peut-on débrancher Facebook ?

Plutôt provocatrice, la question de l’Allemande Gabriele Zimmer pose celle du statut de Facebook et de la dépendance du Web au réseau social. Une interrogation que Mark Zuckerberg n’a pas pris le soin d’évoquer.

Une fois sa prise de parole terminée, plusieurs élus européens ont réclamé davantage de réponses. Mais à en croire Antonio Tajani, président du Parlement européen, le fondateur de Facebook avait un avion à prendre.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech