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Les Etats-Unis lancent des cyberattaques contre Daesh

Le centre d'opération cyber de Fort Gordon, Georgia

Le centre d'opération cyber de Fort Gordon, Georgia - US Army Public Domain

L'armée américaine pirate les réseaux informatiques de l'armée terroriste pour effectuer des opérations de sabotage ou de manipulation.

Désormais, Daesh ne devra pas seulement affronter les missiles de croisière des Etats-Unis, mais également leurs "bombes logiques". Selon le journal The New York Times (NYT), l'Etat-major américain a commencé à lancer des cyberattaques contre les réseaux informatiques de l'armée terroriste, sur ordre du président Barack Obama. "Nous larguons des cyberbombes. Nous n'avons jamais fait cela avant", a expliqué Robert O. Work, secrétaire adjoint à la défense américaine.

Ces opérations cybernétiques sont coordonnées par l'US Cyber Command, sous-commandement interarmé dédié à la lutte informatique. Elles sont effectuées par un petit nombre d'unités qui ont été créées récemment, un peu sur le modèle des forces d'opération spéciales. Pour assurer leurs missions, ces hackers s'appuient sur des "implants", c'est-à-dire des chevaux de Troie et des portes dérobées qu'ils ont réussi à infiltrer dans l'infrastructure informatique de Daesh.

Dans un premier temps, ces implants leur permettent d'espionner le comportement en ligne des ennemis: Qui sont les leaders? Comment fonctionne la chaîne de commandement? Ensuite, l'idée est d'altérer les messages et les données pour, par exemple, attirer les forces de Daesh vers des zones où elles seront plus vulnérables. Un autre objectif de ces cyberattaques est de paralyser les circuits financiers en interrompant ou en redirigeant les virements. "Nous essayons d'isoler Daesh aussi bien physiquement que virtuellement, de limiter leur capacité de commande et de contrôle, de limiter leur capacité de communiquer entre eux, de limiter leur capacité de conduire des opérations tactiques locales", explique le général Joseph F. Dunford.

Une stratégie contestée au sein de la NSA

Ces cyberattaques pourraient être d'autant plus utiles que Daesh fait un usage intensif des outils informatiques pour organiser ses attaques et pour recruter. Pour autant, cette lutte ne vient que compléter le dispositif militaire américain déjà en place. Elle ne le remplacera pas. Selon le NYT, la mise en place de ces attaques cybernétiques ne s'est pas fait sans heurts. La Maison Blanche a dû faire face à une certaine résistance au sein de la NSA, qui ne voyait pas forcément d'un bon œil l'utilisation de leurs implants pour des missions de sabotage. Ces logiciels risquent, en effet, d'être découverts par l'ennemi ce qui prive ensuite l'agence de renseignement de ses sources d'information.

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis utilisent des armes informatiques. L'exemple le plus célèbre est Stuxnet, un ver qui a permis d'infecter et de saboter des infrastructures nucléaires iraniennes. Ce logiciel n'était d'ailleurs qu'une partie d'une opération militaire beaucoup plus vaste baptisée "Nitro Zeus", dont le but était de saboter ou paralyser les infrastructures critiques de la république islamique.