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Le programme fantôme du gouvernement américain pour espionner les passagers d’avion

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- - WIN MCNAMEE GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP

Baptisé Quiet Skies, le programme consiste à suivre certains passagers non fichés, selon des comportements jugés suspects.

Après le 11 septembre, le gouvernement américain a recruté des centaines d’agents chargés de suivre les passagers fichés comme terroristes lors de vols commerciaux. Depuis mars dernier, chaque américain peut potentiellement être espionné à son tour. D’après le Boston Globe, les autorités ont récemment lancé le programme Quiet Skies (Ciel Calme), afin d’élargir le spectre de leur surveillance. Un programme qui suscite de vives craintes quant à la protection de la vie privée.

Entre 40 et 50 personnes surveillées chaque jour

Quiet Skies est destiné à surveiller ceux “qui ne sont pas visés par une enquête et qui ne font pas partie de la base de données regroupant l’ensemble des terroristes fichés (TSDB)” écrit la Transportation Security Administration (TSA), l’agence nationale américaine de sécurité dans les transports, dans un document en possession du Boston Globe. Le programme concernerait potentiellement tous les citoyens américains arrivant sur le territoire, en fonction de leurs voyages récents ou de leur comportement. Entre 40 et 50 personnes seraient ainsi surveillées chaque jour aux États-Unis.

Selon les informations récoltées par le Boston Globe, des milliers d’Américains ont été suivis dans les aéroports par des agents armés qui pouvaient même prendre place à bord des avions non loin de leur "cible". L’effectif total de ces "agents" oscillerait entre 2000 et 3000. Le journal publie un document interne listant les critères justifiant une filature auprès de la TSA. Parmi eux, le fait d’avoir “une forte odeur corporelle”, de “trembler”, d’avoir “les mains moites” ou encore “un regard froid et pénétrant”. Les agents sont également invités à préciser si leur “cible” a dormi durant le vol.

La légalité du programme mise en cause

Toujours d’après le média américain, qui a eu accès à des retranscriptions d’entretiens internes, un agent affirme avoir été chargé de suivre une femme d’affaires passée par le Moyen-Orient, alors qu’un autre mentionne l’espionnage d’un salarié de la compagnie Southwest Airlines. Depuis le mois de mars, des dizaines d’agents ont montré leur inquiétude quant à la légalité et l’efficacité de Quiet Skies.

Interrogée par le Boston Globe, la TSA n’a pas souhaité évoquer les détails du programme Quiet Skies. L’agence s’est contentée de rappeler que sa mission était d’assurer “la sécurité des passagers, des membres de l’équipage et de l’appareil”. “Si la TSA surveille des passagers sur la base de leur couleur de peau ou de leur religion, cela pourrait aller à l’encontre de leurs droits constitutionnels” rappelle l'Union américaine pour les libertés civiles, l’une des principales associations de défense des droits et des libertés dans le pays. Aucune information n’a été diffusée concernant le cas des ressortissants étrangers.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech