BFM Business

Le bitcoin fête ses dix ans: que peut-on s’offrir avec cette cryptomonnaie ?

Le bitcoin fête ses dix ans d'existence.

Le bitcoin fête ses dix ans d'existence. - KAREN BLEIER / AFP

La monnaie numérique a fait du chemin depuis sa création en 2008. Elle s’invite encore timidement dans la vie quotidienne des Français.

Le bitcoin souffle sa dixième bougie mais reste introverti dans l'âme. La plus connue des cryptomonnaies – ces monnaies numériques qui permettent de réaliser des paiements en ligne sécurisés, traçables et sous pseudonyme – peine encore à trouver sa place en tant que moyen de paiement, dans la vie de tous les jours.

Difficile, ainsi, de trouver un établissement qui permette de payer en bitcoins. Ils sont en tout une soixantaine à Paris, selon Coinmap, une carte collaborative qui recense les boutiques crypto-compatibles. Depuis près de deux ans, dans le IIe arrondissement, les boutiques du passage du Grand-Cerf ont apposé une étiquette bitcoin sur leur devanture. Le passage a depuis pris le nom de "Bitcoin boulevard". Mais l'engouement de fin d'année dernière passé, le nombre de boutiques à se convertir au bitcoin ne croît plus. Le logo orangé sert surtout à attirer les curieux.

Une soixantaine de boutiques parisiennes acceptent le bitcoin.
Une soixantaine de boutiques parisiennes acceptent le bitcoin. © Coinmap

C'est en ligne que le bitcoin trouve encore sa plus grande utilité pour réaliser des transactions. Sur les plus de 100 000 sites à l'accepter, plusieurs grands services Web, à l'image de PayPal, WordPress et plus récemment la plateforme de petites annonces Craigslist tolèrent cette devise numérique. Le géant américain du voyage Expedia a, lui, renoncé en juillet, après avoir proposé ce moyen de paiement pendant quatre ans. Cette dernière s'invite également auprès de grandes ONG, telles que la Croix-Rouge, Greenpeace ou tout récemment l'Unicef, pour le versement de dons. Autrement, la liste complète des établissements et sites français où réaliser des transactions en cryptomonnaies est accessible à ce lien et va des vêtements au matériel informatique en passant par la... capilliculture.

Un concurrent encore fébrile

L'intérêt du bitcoin reste encore limité pour des paiements de tous les jours, sur de petits montants. En effet, à chaque transaction effectuée en bitcoin, correspondent des frais indépendants du montant transféré. Si verser cinq euros pour un virement de plusieurs dizaines de milliers d'euros peut sembler dérisoire, cela devient rédhibitoire pour une baguette de pain.

"Le bitcoin "pur" est moyennement intéressant pour les paiements de la vie courante", note Quentin de Beauchesne, de la communauté spécialisée CryptoFR. "Il peut en revanche être utile pour payer une personne en freelance à l'étranger". Le bitcoin trouve tout son attrait en tant que moyen de paiement pour les paiements transfrontaliers, qui impliquent des problèmes de change des devises et des montants élevés. Il devient alors compétitif par rapport aux tarifs pratiqués par les banques. 

Trois autres freins limitent la démocratisation de Bitcoin, d'après Martin Della Chiesa, Clément Tequi et François Hiault, co-auteurs de "Blockchain : vers de nouvelles chaînes de valeur": "La méfiance qu’inspire ce système complexe; les difficultés que pose l’achat de bitcoins; et enfin, le manque d’interopérabilité avec des plateformes grand public».

De manière générale, le bitcoin reste bien plus utilisé comme réserve de valeur que comme un outil de paiement de tous les jours. Il se rapproche finalement beaucoup d'un or numérique. Mais plusieurs travaux sont en cours pour rendre cette cryptomonnaie accessible et intéressante aux yeux du grand public. "Une nouvelle technologie, le Lightning network, devrait permettre au bitcoin de devenir un moyen de paiement rapide et peu cher. Jack Dorsey, le PDG de Twitter, compte parmi ses principaux investisseurs", relève Quentin de Beauchesne. Cette même technologie augmente largement le nombre de transactions réalisées par seconde, pour les faire passer de 7 à 100 000. L'objectif à terme: "concurrencer les moyens de paiements classiques". 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech