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Israël: des fake news pro-Netanyahu diffusées en masse sur les réseaux sociaux

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- - JACK GUEZ / AFP

Une étude mentionne la multiplication de contenus mensongers sur Twitter et Facebook, concernant les opposants au Premier ministre israélien. Les élections législatives auront lieu le 9 avril prochain.

Les fake news vont-elles influencer les prochaines élections israéliennes? C’est ce que semble craindre l’association Big Bots Project, fondée par le chercheur en cybersécurité Noam Rotem et le développeur Yuval Adam. D’après leur récente étude, envoyée au New York Times, l’activité numérique de faux comptes Twitter en faveur de Benjamin Netanyahu a bondi ces derniers mois.

“Calomnies et manipulations”

D’après le document repris par le média américain, aucun lien direct n’a pu être établi avec l’équipe du Premier ministre israélien, en poste depuis dix ans. Mais les chercheurs évoquent une coordination entre ces publications et la campagne des législatives, organisées le 9 avril prochain. Ces comptes auraient ainsi été très actifs lors de la médiatisation des accusations de corruption de Benjamin Netanyahu.

Le document mentionne plus de 400 comptes suspectés d’être frauduleux. Ces derniers sont pilotés par des humains et non des robots, ce qui rend leur détection par Twitter plus difficile. “Le réseau s’appuie sur des manipulations, des calomnies, des mensonges et des rumeurs” affirme le rapport, qui mentionne “des milliers” de messages publiés chaque jour et diffusés sur Twitter comme sur Facebook.

Ces comptes auraient collectivement fait circuler des articles mensongers au sujet de Benny Gantz, l’un des principaux adversaires de Benjamin Netanyahu lors du scrutin. L’ancien chef d'état-major de Tsahal -l’armée israélienne- a été accusé de viol, décrit comme homosexuel, ou dépeint comme psychologiquement instable.

Consultées 2,5 millions de fois

La forte activité de ces centaines de comptes aurait permis à leurs publications d’être consultées 2,5 millions de fois, sur un pays qui compte moins de 9 millions d’habitants. Le chiffre concerne cependant le nombre de consultations et non d’internautes touchés. La portée de cette activité numérique sur la population totale pourrait donc être moindre, dans la mesure où un individu peut voir apparaître plusieurs publications.

Le New York Times évoque l’exemple d’un compte baptisé ”Moïse”, qui a publié seize messages sur Twitter durant le premier trimestre de 2018, contre près de 3.000 au premier trimestre 2019. Le rapport pointe par ailleurs la proximité entre ces comptes et des proches de Netanyahu. A commencer par son fils Yair -dont le compte Facebook a récemment été bloqué en raison de propos racistes, qui a partagé 154 messages publiés par les comptes Twitter concernés. A l’inverse, ces derniers ont largement relayé sa parole, avec 429 retweet et près de 1.500 réponses.

Interrogés sur le sujet, les responsables du Likoud -le parti présidé par Benyamin Netanyahou- rejettent ces accusations. “Toutes les activités numériques du Likoud sont parfaitement authentiques et s’appuient sur un large soutien des Israéliens pour le Premier ministre Netanyahu” affirme Jonathan Urich, porte-parole du parti, au New York Times ce dimanche 31 mars.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech