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Il y a 20 ans, la crainte du bug de l'An 2000

Le nouvel an sur les Champs-Elysées à Paris le 31 décembre 1999

Le nouvel an sur les Champs-Elysées à Paris le 31 décembre 1999 - FRANCOIS GUILLOT / AFP

A l'époque, 300 milliards de dollars avaient été dépensés pour mettre à jour les systèmes informatiques dans la crainte d'un bug généralisé lors du passage à l'an 2000. Seuls des incidents mineurs avaient finalement été constatés.

Des avions qui s’écrasent, des ordinateurs qui affichent un écran noir… Aucun passage d’une année à la suivante n’aura fait autant parler. Il y a 20 ans, la crainte du basculement vers l’an 2000 avait une place de choix dans tous les JT et journaux papiers. Une panique générale fondée sur une imperfection dans la conception de logiciels. 

La crainte d'un dysfonctionnement général 

Dans certains programme informatiques, seuls les deux derniers chiffres étaient gérés, comme le "99" de "1999". La première partie de la date restait fixe. Comment allait donc être pris en compte le passage à l’an 2000? Naquit alors la peur du retour à l’année 1900. Embêtant pour les administrations et les entreprises qui éditent des factures, par exemple. 

Des informaticiens alertaient déjà sur le problème depuis plusieurs années. Comme Peter de Jaeger, ancien ingénieur de chez IBM, la multinationale américaine, qui avait quitté l’entreprise pour fonder un centre d’information sur le passage à l’an 2000 avec un site internet, www.year2000.com

Exemple d'une erreur d'affichage lors du passage à l'an 2000
Exemple d'une erreur d'affichage lors du passage à l'an 2000 © Wikipédia

Le bug de l'an 2000, la poule aux œufs d'or

Branle-bas de combat. En France et partout dans le monde, des entreprises proposent d’intervenir pour s’assurer de la compatibilité des systèmes. On anticipe des milliards de dollars de pertes si les systèmes informatiques du monde entier ne sont pas réparés. Des mises à jour sont donc vendues en masse. Finalement, ce sont les dépenses engendrées pour éviter la catastrophe qui atteignent des sommets. Selon nos confrères de 01net en 1999, les dépenses informatiques sont évaluées à plus de 300 milliards de dollars. 

Certains y sont obligés: des assureurs avaient ainsi prévenu les compagnies aériennes qu’ils ne couvriraient plus celles qui n’ont pas suffisamment traqué les effets du “bug de l’an 2000”, raconte le journal Libération à l’époque. 

Cet épisode fait aujourd’hui sourire. Peu de cas de dysfonctionnements liés au passage à l’année 2000 ont finalement été documentés. Météo France avait constaté sur l’une des pages de son site internet que la date affichait “01/01/19100”. Rien de grave, en somme, à l’image des incidents constatés en France. Cet événement a surtout fait prendre conscience à la population que les ordinateurs occupaient une place grandissante dans la société. 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech