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iPhone: la justice américaine somme de nouveau Apple de collaborer

Les autorités américaines demandent la collaboration active de la firme dans beaucoup d'autres cas, liés à des affaires de criminalité ordinaire. Preuve, pour Apple, que le cas de San Bernardino ouvrirait une boîte de Pandore.

Le bras de fer entre Apple et la justice américaine continue. La firme de Cupertino vient maintenant de révéler que les autorités de justice américaines exigeaient sa collaboration pour accéder à une douzaine d’autres iPhone. Ses affaires ne relèveraient pas du terrorisme, mais seraient liées à des enquêtes criminelles ordinaires. Un de ces dossiers concerne par exemple un trafic de stupéfiants à New York.

Parmi les téléphones listés figurent des appareils relativement récents, comme l’iPhone 6 Plus, précise The Guardian. "Apple a refusé d'intervenir sur les appareils concernés par ces injonctions", écrit Marc Zwillinger, l'avocat du groupe, dans une lettre datée du 17 février dernier.

Cette révélation apporte de l’eau au moulin d’Apple qui estime ne pas avoir à aider les autorités à pour casser le chiffrement de ses clients et qui pense que le cas de San Bernardino marquerait un dangereux précédent. La multiplication des demandes semble lui donner raison, même si le FBI se défend de vouloir violer le cryptage de qui que ce soit ou de vouloir créer un passe-partout pour accéder à tous les smartphones.

Pour accéder aux données du smartphone du terroriste de San Bernardino, le FBI demande à Apple de produire une version spécifique du système iOS. Celle-ci permettrait de contourner certaines fonctionnalités de sécurité et, au final, de casser le chiffrement du smartphone. L’agence gouvernementale souligne que cette demande ne cible que le téléphone du terroriste. Dans un document, Apple estime qu’un tel dispositif, une fois créée, ne pourra pas être restreint à un seul téléphone.

L'équivalent d'un passe-partout

De fait, un tel système serait bien l’équivalent d’une "clé maître" ou d'un passe-partout, capable d'ouvrir des centaines de millions d'appareils. La firme souligne, par ailleurs, qu'elle deviendrait aussi la cible des hackers et pirates de la planète, qui chercheront à voler ce dispositif pour leur propre besoin. Or, "personne n'est immunisé contre les cyberattaques", estime le fabricant.

Apple s'est dit prêt lundi à soutenir la création d'un groupe d'experts pour évoquer le cryptage de ses appareils mobiles si les autorités américaines mettent fin à leurs efforts pour le forcer à débloquer l'iPhone de San Bernardino. Selon un sondage Pew publié lundi, une majorité d'Américains penchent en faveur du FBI dans ce cas et appuient la demande de déblocage du téléphone.

Les exigences de la justice américaine suscitent la colère des défenseurs des libertés civiles, qui y voient le risque de déclencher une surveillance débridée aux Etats-Unis, - déjà secoués ces dernières années par le scandale de l'espionnage de l'Agence américaine de renseignement NSA. Mais d'autres accusent à l'inverse Apple d'entraver une enquête vitale en terme de sécurité.

Gilbert Kallenborn, avec AFP