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Galileo : quand pourrez-vous vraiment utiliser le GPS européen ?

Vue d'artiste d'un satellite Galileo.

Vue d'artiste d'un satellite Galileo. - Cnes

Le système européen de navigation par satellite vient d’entrer en service. Mais il faudra attendre 2020 pour qu’il soit pleinement opérationnel pour le grand public. A condition bien sûr de disposer d’un terminal compatible.

Le GPS américain, le Beidou chinois et le Glonass russe comptent enfin un concurrent européen : Galileo. La Commission européenne vient en effet d’annoncer la mise en service de son système de navigation par satellite ce jeudi 15 décembre. N’importe qui peut, en théorie, utiliser gratuitement Galileo à partir d’aujourd’hui.

Les atouts de Galileo

L’intérêt pour l’utilisateur lambda, à terme, sera de pouvoir déterminer sa position avec beaucoup plus de précision qu’avec les systèmes actuels. De l’ordre du centimètre au lieu d’une dizaine de mètres pour le GPS, par exemple. La disponibilité du signal également sera meilleure, notamment dans les villes avec des bâtiments de grande hauteur. L’emplacement et l’inclinaison de ces satellites dernière génération devraient également permettre de fournir une meilleure couverture dans les hautes latitudes comme en Europe du Nord. Mais ce scénario idyllique n’existe pas encore... car Galileo n’est pas encore pleinement efficient à l’heure actuelle.

Un service pleinement opérationnel en 2020

Avec seulement 14 satellites opérationnels aujourd’hui sur 18, et avant d’atteindre les 26 que comptera la constellation, l’utilisation de Galileo est pour le moment limitée. Le maillage, notamment, n’est pas complet et ne le sera pas avant 2020, data à laquelle la totalité des satellites sera enfin mise en service. En attendant, les utilisateurs perdront sans le savoir son signal et seront basculés de façon transparente sur du GPS ou du Glonass, qui prendront le relais et combleront les lacunes. Le résultat d’une série d’accords partenaires sur le modèle de ce que font déjà les opérateurs mobiles en itinérance.

Seuls deux terminaux compatibles pour le grand public

Il ne suffira pas cependant que la constellation soit complète pour profiter à plein du service. Il faudra aussi disposer d’un terminal compatible ou que sa voiture soit équipée d’une puce adéquate. Et c’est là que ça se gâte !

Seuls deux smartphones permettent actuellement d’utiliser Galileo : le Mate 9 de Huawei et l’Aquaris X5 Plus de BQ. Pas de quoi déclencher un mouvement de masse. La liste des processeurs est plus longue, les constructeurs Broadcom, Intel, Mediatek, Qualcomm et U-blox proposant tous une à plusieurs puces utilisables avec Galileo.

Pour donner un coup d’accélérateur à Galileo, les nouvelles voitures devront obligatoirement être équipées de puces et de capteurs compatibles à partir de 2018. La balle est maintenant dans le camp des fabricants de smartphones appelés à intégrer des puces multi-systèmes. La Commission Européenne tient le décompte du matériel compatible sur le site Use Galileo.

Rappelons enfin que Galileo propose dès aujourd’hui de nombreuses applications payantes pour les entreprises, amenées elles-aussi à s’améliorer au fur et à mesure de la montée en puissance du système. Citons la localisation plus rapide des appels d’urgence en moins de 10 minutes avec le service Search & Rescue, une meilleure synchronisation pour les infrastructures critiques comme les transactions financières ou les réseaux de distribution d’énergie... Ou encore la garantie d’une sûreté accrue avec le Public Regulated Service dans le domaine de la protection civile, de l’aide humanitaire, des douanes ou des forces de police.

Malgré toutes ces restrictions, la mise en service de Galileo aujourd’hui est une sacrée avancée pour ce vieux projet dont l’issue est restée long incertaine, surtout après la catastrophe industrielle des deux satellites qui avaient été placés sur une mauvaise orbite à l’été 2014.

Amélie Charnay