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Facebook ne va pas lancer une mais plusieurs monnaies numériques

La cryptomonnaie de Facebook devrait finalement sortir à la fin de l'année 2020.

La cryptomonnaie de Facebook devrait finalement sortir à la fin de l'année 2020. - Fabrice COFFRINI / AFP

L'association Libra, qui pilote le projet de monnaie numérique initié par Facebook, a dévoilé ce jeudi ses nouvelles ambitions, plus modestes. La plateforme a clairement cédé du terrain aux gouvernements qui craignaient pour leur souveraineté monétaire.

L'association Libra, chargée de concocter la monnaie numérique de Facebook, revoit sa copie. L'organisation basée à Genève a soumis sa candidature auprès du régulateur suisse pour obtenir une licence en tant que "système de paiement", en vue d'un lancement de la blockchain d'ici la fin de l'année.

Et, après des mois de discussions, l'association indépendante, composée d'entreprises et organisations à but non lucratif, a soumis une nouvelle proposition pour sa Libra. Cette dernière devient une "monnaie à devises multiples", qui englobera des Libra à "devise unique", comme la LibraEUR, utilisée en zone Euro, ou encore la LibraUSD, pour le dollar américain.

Depuis qu'il a exposé son projet en juin dernier, Facebook a subi de nombreux coups durs de part et d'autre de l'Atlantique, tant et si bien que le projet aura un temps été qualifié de "mort-né". Plusieurs ministres des Finances ont menacé d'interdire la Libra. Bruno Le Maire lui-même avait en septembre dernier considéré que cette monnaie numérique ne serait "pas la bienvenue en Europe". Des partenaires de poids, comme PayPal, Visa et Mastercard, se sont désistés sous la pression des autorités, qui craignent que ce nouveau canal de paiement ne serve au blanchiment d'argent ou au financement d'activités criminelles.

Des "Libracoins"

L'association table désormais sur un lancement officiel d'ici fin 2020, même si le nombre initial de "stablecoins" (les cryptomonnaies indexées à des devises) et leur calendrier de mise en service reste à déterminer. "Du point de vue du régulateur, comme chaque libraEUR sera adossé à une réserve en euros, et qu'il n'y a pas de création monétaire, c'est simplement de l'euro qui est utilisé. Et numérisé le temps de la transaction", explique à l'AFP Bertrand Perez, directeur par intérim de l'association Libra.

La gouvernance de chaque réserve "devra répondre à des règles définies avec le régulateur, pour que même en cas de crise économique forte, on puisse à tout instant échanger des Libracoins contre des dollars ou des euros, ou autres, de façon transparente", continue-t-il.

A l'origine, Facebook avait imaginé un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, permettant d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané. Dans cette nouvelle approche, l'association Libra tient à montrer patte blanche aux autorités financières, qui se sont initialement indignées à l'idée que Facebook puisse potentiellement chercher à battre monnaie. "La Libra ne sera pas un actif numérique séparé des cryptomonnaies à devise unique", insistent les membres.

E.T. avec AFP