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Coronavirus: comment une intelligence artificielle a repéré l'épidémie dix jours avant l'OMS

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Un algorithme développé par la start-up canadienne BlueDot, spécialisée dans la surveillance des maladies infectieuses, a repéré l'émergence de l'épidémie de coronavirus à partir de données accessibles en ligne. De manière générale, l'intelligence artificielle peut être mise à profit pour mieux anticiper l'apparition et la propagation d'une épidémie, mais aussi concevoir des vaccins.

Et si l’intelligence artificielle nous aidait à mieux lutter contre les épidémies ? Entreprises et instituts de recherche travaillent sur des algorithmes qui permettent de mieux anticiper l’apparition et la propagation d’une maladie... L’une d’entre elles, BlueDot, avait détecté les premiers signes d’une infection de coronavirus à Wuhan dès le 31 décembre, rapporte le média américain Wired. Soit dix jours avant l'OMS et les premières prises de parole publiques sur le sujet. 

Lancée en 2014 par un ancien médecin, cette entreprise s'en remet aux données accessibles en ligne et à des systèmes d'apprentissage automatisé pour "pour suivre et anticiper la propagation des maladies infectieuses les plus dangereuses au monde", indique-t-elle sur son site.

Une IA qui scanne le web: forums, articles...

Parmi les données prises en compte, celles issues de forums en ligne, de recherches de symptômes sur Google, de reportages télévisés ou d'articles de presse mais aussi des déclarations officielles et des bulletins de santé évoquant de nouvelles pathologies contagieuses. L'algorithme brasse par ailleurs les données associées aux déplacements de population, telles que celles issues de la vente de billets d'avion ou de la carte des trajets aériens, complète Wired.

En l'occurrence, BlueDot travaille de pair avec la plateforme de données des compagnies aériennes ATPCO, pour mieux cerner où les résidents infectés pourraient être amenés à se rendre. La société a ainsi pu déterminer que l'agent infectieux passerait de Wuhan à Bangkok, Séoul, Taipei et Tokyo dans les jours suivant son apparition initiale.

Les rapports conçus par BlueDot ne sont pas accessibles au grand public. Ils sont en revanche transmis aux responsables des institutions de santé publique (dans une douzaine de pays), aux compagnies aériennes et aux hôpitaux dans lesquels les patients infectés pourraient se rendre. Le logiciel conçu par BlueDot avait déjà été mis à l'épreuve en 2016, pour mieux anticiper la propagation du virus du Zika, rapportait une revue médicale britannique. Il aura davantage fait ses preuves qu'un algorithme élaboré par Google, en 2013. A l'époque, Google Flu Trends avait été forcé de fermer, après avoir sous-estimé de 140% la gravité d'une épidémie de grippe. 

Elsa Trujillo avec Anthony Morel