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Tim Cook n’aime pas voir Apple associé au terme “GAFA”

Photo fournie par Apple du patron du groupe Tim Cook au siège de l'entreprise à Cupertino, le 10 novembre 2020 en Californie

Photo fournie par Apple du patron du groupe Tim Cook au siège de l'entreprise à Cupertino, le 10 novembre 2020 en Californie - Brooks Kraft © 2019 AFP

Dans une intervention au salon VivaTech, le patron d’Apple est revenu sur la perception que peut avoir le grand public et les médias des géants du numérique. Il a notamment évoqué la question de la vie privée, de la cybersécurité… et de l’iPhone 30.

Ce 16 juin, le patron d’Apple a profité de l’ouverture du salon français VivaTech pour revenir sur la stratégie de l’entreprise qu’il dirige. Dans une interview d’une demi-heure diffusée sur la chaîne YouTube du média Brut, Tim Cook a notamment souhaité faire une mise au point sur le terme “GAFA” (pour Google, Apple, Facebook, Amazon), souvent utilisé pour désigner ces quatre géants américains du numérique.

La vie privée, “un droit fondamental”

“Je n’aime pas beaucoup cet acronyme. Il laisse penser que toutes les grosses entreprises sont monolithiques, alors qu'elles sont très différentes, avec des modèles commerciaux différents et des valeurs différentes” regrette Tim Cook.

Pour appuyer son propos, le dirigeant rappelle la différence entre Apple et les trois autres entreprises qui lui font pourtant concurrence sur certains marchés (les smartphones ou le stockage avec Google, ou encore les services de streaming pour Amazon).

“Si vous regardez ce que fait Apple, nous produisons des services, du matériel et des logiciels et cherchons à faire fonctionner parfaitement ces trois éléments ensemble. Nous cherchons à faire mieux, pas à faire davantage. Ce qui nous permet d’avoir de bonnes parts de marché, par exemple 23% en France pour l’iPhone” se félicite Tim Cook.

Pour mieux rappeler que contrairement à Google et Facebook, Apple ne tire pas ses profits de la publicité ciblée en ligne et donc des données personnelles, Tim Cook est également revenu sur sa vision de la vie privée.

“Pour nous, c’est un droit humain fondamental. Nous travaillons sur la protection des données depuis des décennies. Steve (Jobs, ndlr) avait tendance à dire que la protection des données consiste à recueillir la permission de l’utilisateur encore et encore. Nous avons toujours souhaité tenir cet engagement” assure Tim Cook.

Apple veut maintenir l’exclusivité de l’App Store

En évoquant le recueil du consentement après avoir mentionné la différence entre Apple et les autres GAFA, Tim Cook fait référence à la nouvelle version d’iOS, qui permet à l’utilisateur de refuser d’être pisté sur les différentes applications par les spécialistes de la publicité en ligne, à commencer par Google et Facebook. Une nouvelle fonction qui a provoqué la colère de Facebook.

Si Tim Cook a par ailleurs vanté les mérites du règlement européen sur la protection des données (RGPD), appliqué depuis mai 2018, il a mis en garde contre certaines des réglementations à venir, toujours au niveau européen. Dans son viseur, la législation sur les marchés numériques (Digital Market Act), qui vise à préserver de bonnes conditions de concurrence.

“Le Digital Market Act, qui est en train d’être discuté, mettrait en œuvre le side loading sur l’iPhone [la possibilité de télécharger des applications sans passer par un magasin d’application officiel, ndlr]. Je pense que cela nuirait à la sécurité de l’iPhone et aux initiatives liées au respect de la vie privée proposées sur l’App Store” avance Tim Cook, bien qu’à ce jour, une telle règle ne soit pas envisagée par le texte.
“Android a 47 fois plus de logiciels malveillants qu’iOS, car nous avons créé iOS de sorte à ce qu’il n’y ait qu’un App Store et que toutes les applications fassent l’objet d’une vérification avant même d’être accessibles” tacle au passage le patron d’Apple.

Au cours de la discussion, Tim Cook est également revenu sur les promesses environnementales de l’entreprise, qui assure être neutre en carbone, mais qui entend faire appliquer cette neutralité à ses fournisseurs et à l’ensemble de ses produits d’ici 2030. Il prévoit ainsi qu’à l’avenir, l’ensemble des métaux rares utilisés dans un iPhone proviennent du recyclage d’anciens appareils - ce qui est déjà en partie le cas.

Si Tim Cook n’a pas souhaité apporter de précisions sur les rumeurs évoquant un projet d’Apple Car, il a livré sa vision de l’iPhone 30, là encore sans révéler de grand secret industriel: “Il sera meilleur que l’iPhone 12”, promet-il malgré tout, avec une dose d’humour.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech