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World Press Photo 2016: la photo de l’année a été prise par un appareil vieux de 8 ans

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- - Warren Richardson, Australie, 2015

Le déluge d’innovations technologiques dans le monde de la photo ne saurait occulter l’essentiel: en photoreportage, ce qui compte le plus, c’est l’information comprimée dans le cadre. Qui a parlé de mégapixels?

Le plus célèbre prix de photojournalisme a été attribué hier au photojournaliste freelance australien Warren Richardson pour son cliché de migrants franchissant illégalement la frontière serbo-hongroise, issu d'un reportage au long cours visible sur son site. Poignante, l’image montre deux adultes se passant un bébé par dessous un réseau de fils barbelés.

La photo est en noir & blanc, légèrement floue et marquée par un fort bruit numérique. En analysant les données EXIF de l’image, les informations de prise de vue intégrées dans tout cliché, on y découvre que le photographe n’est pas du tout à la page côté technologie : son boîtier est un Canon EOS 5D Mark II, un très bon reflex sorti en 2008 et testé sur 01net.

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La recette de ce cliché ? Une optique 24 mm f/1.4 ouverte en grand, les ISO poussés à 6400 et un temps d’obturation relativement long de 1/5s. Pas de flash bien évidemment puisque "[..] la police essaye d’attraper ces gens, comme il l’explique sur le site du World Press Photo, j’ai dû me contenter de la lumière de la lune".

Avec un appareil plus récent, comme le Sony Alpha A7S Mark II capable de monter à 400.000 ISO, l’image aurait pu être en couleur tant les progrès effectués dans le domaine des capteurs – notamment par Sony – sont impressionnants. Mais Warren Richardson, qui n’avait que son vieux reflex, s’est contenté de l’essentiel : maîtriser sa technique et capturer la bonne image.