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Test : MacBook Pro 13" avec Touch Bar, il séduit malgré ses défauts

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Le géant de Cupertino a fait des choix draconiens pour ses nouveaux MacBook. A commencer par une connectique unique, qui sera parfois contraignante au quotidien. Pour le reste, la configuration solide, la Touch Bar adoptée en quelques minutes et un clavier incroyable s’avèrent à la hauteur.

Après les avoir délaissés pendant plus d’un an et demi, Apple vient de mettre à jour ses MacBook Pro, ses ultraportables aux configurations les plus solides. Cette longue période de jachère a évidemment exacerbé les attentes, ce qui explique, en partie, les réactions très vives et la déception qui ont agité le Web.

L'adaptateur, vital pour bien des usages, permet en l'occurrence de brancher votre clé USB ou votre iPhone à votre MacBook Pro.
L'adaptateur, vital pour bien des usages, permet en l'occurrence de brancher votre clé USB ou votre iPhone à votre MacBook Pro. © 01net.com / Lionel Morillon

Pertes et profits

En adoptant un design plus fin et plus léger pour ce MacBook Pro 13 pouces, le géant américain nous sert un portable moins encombrant et presque aussi léger que les MacBook Air, qui demeurent encore pour beaucoup une référence. Toutefois, ce gain se fait au détriment de la connectique. Apple a en effet décidé de réaliser un saut important vers le futur en adoptant la technologie Thunderbolt 3 (au format USB Type-C) comme seule connectique offerte. Cela implique qu’il faut adopter des adaptateurs ou de nouveaux câbles pour continuer à utiliser une clé USB, un disque dur externe USB ou même pour charger son iPhone 7. Le lecteur de cartes SDXC, très prisé des photographes, qui permettait de transférer des clichés très rapidement depuis un appareil photo a également disparu. Il vous faudra désormais vous promener avec un lecteur de cartes externe.

Le disque SSD en PCIe 2.0 assure des vitesses de lecture et écriture vraiment impressionnantes.
Le disque SSD en PCIe 2.0 assure des vitesses de lecture et écriture vraiment impressionnantes. © 01net.com

En ce sens, le MacBook Pro complique la vie de l’utilisateur qui devra s’adapter et faire évoluer sa façon de travailler et de transporter des fichiers. En tout cas, tout n’est pas complètement noir. L’interface Thunderbolt 3 affiche des débits assez impressionnants. Nous l’avons essayé avec un des disques SSD externes les plus performants du marché, le Sandisk Extreme 900, et les vitesses en lecture (855 Mo/s) et écriture (presque 800 Mo/s) ne mentent pas, on touche du doigt le futur. Sans compter que grâce à la technologie Thunderbolt, il est possible d’alimenter le MacBook Pro en le branchant sur n’importe quel port. De même, ces quatre ports peuvent alimenter et connecter des moniteurs 4K externes, des disques, etc. Une promesse de souplesse à venir, quand l’équipement aura adopté cette nouvelle connectique.

En définitive, ce saut vers le futur, qui offre des performances véritablement explosives, avec le bon équipement, pose problème quand on le confronte aux usages de 2016… La tendance technologique est bel et bien d’aller vers des connectiques plus rapides, mais en l’occurrence, Apple pourrait avoir raison trop tôt.

Une configuration solide avec un point fort

Ce MacBook Pro 13 pouces, comme ses congénères 2016, embarque la sixième (et non pas la septième) génération de processeurs Intel. Au quotidien, la machine réagit sans ciller à toutes les sollicitations, s’avère rapide et réactive. Avec une mention spéciale pour le disque SSD qui est incroyablement rapide. 1852 Mo/s en écriture et plus de 2000 Mo/s, on donne dans l’astronomique. Avec de tels débits, on transfert l’équivalent d’un DVD en un peu moins de trois secondes…

Pour le reste, le gain en puissance enregistré par rapport au modèle équivalent début 2015 est léger mais suffisant pour assurer de quoi faire tourner des applications professionnelles pour la plupart des usages. Par exemple, avec Photoshop ou Final Cut Pro, on note que l’exécution de l’application de filtres ou le calcul des rendus est un peu plus rapide, entre 10 et 15%. Ce 13 pouces devrait donc assurer assez de puissance pour le montage de vidéo Full HD, mais pas 4K.

Pour illustrer davantage cette petite montée en puissance, nous avons fait tourner des outils de tests automatiques. Geekbench 3 confirme cette légère progression. C’est en fait en puissance graphique qu’on note la plus belle progression. Ainsi, on constate que Tomb Raider, qui tournait très mal sur le MacBook Pro 13 pouces 2015 s’exécute désormais sans broncher. La puce intégrée Intel fait donc des merveilles, même si elle ne fait pas de ce portable une machine de joueur pour autant…

Autonomie, mieux mais pas parfait

Un des domaines où les Mac sont souvent attendus, c’est l’autonomie. Avec cette nouvelle génération de MacBook Pro, Apple améliore nettement la donne par rapport à l’année dernière. On enregistre ainsi 6h17 d’autonomie polyvalente, qui simule des usages quotidiens variés intensifs, contre 4h40 l’année dernière. Pour autant, ce succès doit être mis en perspective.

Ainsi, le MacBook Air 13 pouces 2015 affichait lui 8h30 d’autonomie pour ce même test. Une performance qui reste inégalée par les MacBook Pro 2016. Même le modèle 13 pouces d’entrée de gamme, sorti cette année, atteint un assez remarquable 7h34 seulement. Sa différence avec le Mac testé ici, il ne propose pas la Touch Bar, nouveau phare que nous gardions pour la bonne bouche. 

Touch Bar, gimmick ou nouveauté bienvenue ?

Que faut-il penser de ce petit écran OLED, qui remplace la série de touches de Fonctions qui trônent en haut de nos claviers depuis plus de 40 ans ? Tout d’abord, qu’au vu de l’utilité de ces touches, tout changement est bienvenu. D’autant que la Touch Bar s’adapte aux différents usages et applications. Que vous soyez dans le Finder, dans Safari (le navigateur d’Apple), dans Photos ou dans un des autres programmes développés par d’autres programmeurs et déjà compatibles, la Touch Bar affiche différents éléments : des boutons, des menus, autant de moyens de gagner quelques secondes, d’éviter un clic ou un raccourci clavier. En définitive, malgré quelques erreurs de jeunesse côté ergonomie – qui pourront être corrigées grâce à des mises à jour – la Touch Bar s’adopte naturellement, sans trop y réfléchir.

On s'habitue rapidement à la Touch Bar et aux quelques secondes qu'elle nous fait gagner en évitant un clic ou un raccourci clavier.
On s'habitue rapidement à la Touch Bar et aux quelques secondes qu'elle nous fait gagner en évitant un clic ou un raccourci clavier. © 01net.com / Lionel Morillon

Dans certains programmes, on s’en passera, dans d’autres, on ne pourra plus s’en passer. Pour l’heure, il est encore un peu tôt pour savoir si la nouvelle interface d’Apple est appelée à devenir une révolution, mais ce n’est en tout cas pas une nouveauté gadget sans intérêt. Il faudra que les grands programmes comme Photoshop, Office, de Microsoft, et beaucoup d’autres l’adoptent (ce qui est prévu) pour qu’on en prenne la mesure. Mais c’est en tout cas une manière intelligente d’offrir un moyen d’interagir plus naturellement sans adopter un écran tactile – ce qu’Apple refuse toujours.

En définitive, malgré son problème de connectique qui posera des problèmes à certains et les obligera à s’adapter ou à passer leur chemin, ce MacBook Pro est une machine qui offre un confort d’utilisation incroyable, avec une mention spéciale pour son clavier absolument génial. La note est certes un peu salée, mais ce MacBook Pro devrait vous en donner pour votre argent…

Pour en savoir plus, lire notre test complet du MacBook Pro 13 pouces Core i5 2,9 GHz avec Touch Bar sur 01net.com