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Les réponses du patron de Google à ceux qui l'accusent de favoriser les anti-Trump

Devant le Congrès, Sundar Pichai, PDG de Google, a juré que le moteur de recherche ne "biaise" pas les résultats des recherches

Devant le Congrès, Sundar Pichai, PDG de Google, a juré que le moteur de recherche ne "biaise" pas les résultats des recherches - Alex Wong - Getty Images North America/AFP

Sundar Pichai a été interrogé par le Congrès américain sur les accusations d'orientation politique du moteur de recherche. Le patron de Google nie en bloc, mais les élus réclament plus de transparence sur le fonctionnement de l'algorithme.

Google est-il un outil politique au service du parti démocrate? C’est ce que pensent les membres du parti républicain, Donald Trump en tête. Il ne s’agit pas d’un simple débat de société mais d’une accusation qui a conduit, ce mardi, Sundar Pichai, patron de Google, devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants pour s’expliquer. Elle s’appuie notamment une vidéo dévoilée en septembre par le site conservateur américain Breitbart où l'on pouvait voir des dirigeants de Google regretter l'élection de Donald Trump.

Pour le républicain Bob Goodlatte, président de la commission judiciaire, "la responsabilité du Congrès est de faire en sorte que les géants de la technologie soient transparents et responsables de leurs pratiques", d'autant, insiste-t-il, que Google est "le plus grand collecteur de données que l'histoire ait jamais connu".

Sundar Pichai a fermement défendu l'attachement de son groupe à la démocratie. Il réfute les accusations affirmant que le moteur de recherche "biaise" les informations et assure que l’algorithme est "neutre" et ne met pas une information devant une autre dans un but politique. "Faire autrement serait aller à l'encontre de nos principes et de nos intérêts commerciaux", s’est défendu le PDG de Google.

Pourquoi le mot "idiot" est associé Donald Trump?

Il admet que Google sait presque tout des internautes via leurs recherches, mais qu’il ne vend pas leurs données personnelles. "Nous offrons différents contrôles pour la géolocalisation par exemple. Nous rappelons que les utilisateurs peuvent surveiller le respect de leur vie privée", a-t-il rappelé en reconnaissant qu’il est possible de faire plus pour informer les utilisateurs. Enfin, le dirigeant rappelle que sa société fournit "des plateformes permettant de relayer différentes opinions" qui ne manquent pas chez les salariés du groupe.

Le dirigeant a néanmoins été déstabilisé par certaines questions. Il n'a pu clairement expliquer à Zoe Lofgren, élue démocrate de Californie, pourquoi en tapant le mot "idiot", le moteur de recherche renvoie à des images du président américain. "Il est important de savoir comment fonctionne la recherche pour que cela se produise", a insisté Zoe Lofgren en réclamant plus de transparence sur l'algorithme.

Ted Lieu, élu démocrate a pris la défense de Google, comme le relève CNBC. Ce Californien considère que cette audition est une perte de temps "étant donné que des entreprises privées à but lucratif, comme Google, sont protégées par le Premier amendement. "Même si Google était partial, ce serait son droit". Il a aussi fait remarquer que Google génère aussi des résultats positifs sur les républicains et négatifs sur les démocrates. "Si vous voulez des recherches positives, faites des choses positives", a lancé Ted Lieu. "Si vous avez mauvaise presse, ne blâmez pas Google. Pensez à vous en vouloir".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco