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Les forces spéciales dévoilent comment l’innovation les aide à "faire autrement"

Chaque année, le Sofins est le rendez-vous des spécialistes de forces spéciales. Militaires et start-up s'y retrouvent

Chaque année, le Sofins est le rendez-vous des spécialistes de forces spéciales. Militaires et start-up s'y retrouvent - Minarm

Début avril, les spécialistes des technologies liées aux forces spéciales se retrouvent au Sofins, un séminaire qui se tient en Gironde. A cette occasion, le vice-amiral Isnard, patron du Commandement des opérations spéciales (COS) nous a confié comment l'innovation est au coeur de la mission de ces troupes d'élites.

"Faire autrement". La devise en dit long sur la mission du Commandement des opérations spéciales que l’on connait mieux sous son acronyme, COS. Elle exprime clairement que pour réussir leur mission, le COS doit innover en permanence. Cette organisation est généralement assez discrète, mais à l’occasion du Sofins (Special operations forces Innovation network), un séminaire qui se tient en Gironde début avril, le vice-amiral Laurent Isnard, commandant du COS, a donné un aperçu des innovations utilisées par ses hommes sur le terrain.

"L’innovation est dans notre ADN depuis la création du COS en 1992", a indiqué ce commando de marine lors d’une conférence organisée par le ministère des Armées. Les technologiques "nous donnent une agilité tactique pour surprendre l’ennemi". Nous travaillons directement avec des entreprises spécialisées dont des startups pour développés les outils dont nous avons besoin. "Nous leur expliquons nos besoins pour mettre au point des outils qui seront validés avec responsables des trois armes", indique le patron du COS. Ces innovations sont diverses. Il y a des armes, du matériel de communication, d’observation, de camouflage ou de déplacement. Mais le COS utilise aussi des logiciels pour espionner, crypter des données, géolocaliser l’ennemi et analyser des bases de données.

60 projets financés chaque année

Le COS dispose d’un budget propre qui reste secret. "Si je révèle ce montant, les fournisseurs sauront de combien je dispose", répond-il le sourire aux lèvres. Il précisera seulement que 60 projets sont financés chaque année sans dire de quoi il s’agit, ni avec quelles entreprises.

Le commandant Isnard a tout de même accepté de lâcher quelques informations, comme cette lunette pour fusil longue distance mise au point avec Safran. "Elle permet aux tireurs d’élite d’atteindre une cible en mouvement de très loin", indique l’officier qui a fait aussi une révélation. Le COS n’hésite pas à s’inspirer de l’ennemi qui selon le commandant Isnard "a de bonnes idées". Il cite entre autre ou la cape de Daech qui permet de ne pas être repérée la nuit même avec des lunettes thermiques. "Nos lunettes repèrent la chaleur dégagée par le corps, mais avec cette couverture de survie, elle se diffuse et ne permet plus de détecter les combattants".

Comme le signale l’amiral Isnard, tous les moyens sont bons pour "faire autrement" afin de remplir les missions. Tous, ou presque. "A la différence des terroristes, nous sommes soumis au droit de la guerre", rappelle le patron des forces spéciales.

tout savoir (ou presque) sur le cos

Comme l'explique le ministère des Armées, le COS est "une organisation qui commande les opérations et fédère les forces spéciales". Créé en 1992, il se compose de 4400 militaires (dont 400 réservistes) qui interviennent dans des missions périlleuses et discrètes. Il se compose d'unités des trois armes:

- Armée de Terre: 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine (RPIMa), 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales (RHFS) et 13e régiment de dragons parachutistes (RDP)

- Armée de l'Air: commando parachutiste de l'air n°10 (CPA 10), escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées et escadron de transport 3/61 Poitou

- Marine: commandos d'assaut, d'appui et nageurs de combat Trépel, Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo, Hubert, Kieffer et Ponchardier.

Pascal Samama