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Facebook ne va pas totalement bannir ses outils de reconnaissance faciale

Image d'illustration du logo de Facebook, prise le 18 octobre 2021

Image d'illustration du logo de Facebook, prise le 18 octobre 2021 - Kirill KUDRYAVTSEV © 2019 AFP

L'entreprise a annoncé mettre fin à son système d'identification sur les photos des utilisateurs. Mais la reconnaissance faciale fait toujours partie de ses projets.

Après plus de dix ans d'utilisation et de controverses, Facebook a finalement annoncé ce 2 novembre la fin de son outil de reconnaissance automatique des utilisateurs sur les photos. Cette fonction, basée sur un puissant système de reconnaissance faciale, est activé pour un milliard d'utilisateurs. Mais comme le signale le site américain Recode, la décision de Facebook ne s'applique pas aux autres cas d'usage, ni aux autres filiales du groupe, désormais baptisé Meta.

D'après un cadre de Meta, les systèmes de reconnaissance faciale pourraient notamment être utilisés dans le cadre du "métavers", un univers en réalité virtuelle qu'espère développer Facebook dans les prochaines années.

"Nous pensons que cette technologie peut potentiellement trouver des usages positifs à l'avenir pour préserver la vie privée, le contrôle ou la transparence. [...] Tout usage de ces technologies sera annoncé et accompagné d'explications concernant le contrôle des utilisateurs sur ces systèmes et leurs données personnelles" assure Meta au média américain.

La mise en oeuvre d'outils de reconnaissance faciale dans le "métavers" sera scrutée de près. Selon les annonces de Facebook, les casques de réalité virtuelle vendus par l'entreprise pourraient être équipés de multiples capteurs, afin de répliquer les traits d'un visage sous forme d'avatar en 3D, mais aussi pour suivre le mouvement des yeux ou de la bouche. Autant de données biométriques dont la conservation par l'entreprise constituera un enjeu de vie privée.

Facebook déjà condamné

Dans son communiqué du 2 novembre, Facebook précisait que seul l'outil chargé de reconnaître les utilisateurs sur les photos publiées par leurs amis sur la plateforme (baptisé Face Recognition) serait désactivé. La plateforme mentionnait continuer à travailler sur des projets impliquant la reconnaissance faciale, par exemple à des fins de sécurité.

Les outils de reconnaissance faciale sont régulièrement décriés en raison de biais éthiques, mais également des problématiques de vie privée qui y sont liées. En 2019, Facebook avait choisi de désactiver par défaut l'outil Face Recognition, qui reste à ce jour utilisé par un milliard de personnes.

Cette annonce intervient quelques mois seulement après que l'entreprise a dû verser 650 millions de dollars à des utilisateurs de l'Illinois (Etats-Unis) pour avoir collecté leurs données biométriques grâce à Face Recognition, sans leur accord et de façon illégale.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech