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Les Etats-Unis prêts à entrer en cyberguerre contre la Russie

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Les militaires américains auraient noyauté le Kremlin pour neutraliser ses réseaux en réplique à une attaque informatique majeure.

S’achemine-t-on vers une véritable cyberguerre froide entre les Etats-Unis et la Russie? Les deux pays fourbissent assurément leurs armes informatiques. La chaîne NBC a mis la main sur des documents classés qui prouvent que des hackers de l’US Army se seraient introduits dans plusieurs réseaux clefs en Russie: l’électricité, les télécommunications et les systèmes d’armement du Kremlin. Objectif? Etre prêts à intervenir pour neutraliser une cyber-attaque russe de grande ampleur.

Les Etats-Unis accusent en effet la Russie tout comme la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran d’avoir multiplié les piratages contre ses agences gouvernementales et ses institutions politiques. Washington soupçonne même ces pays d’avoir dissimulé des logiciels malveillants dans certaines infrastructures critiques. La plupart du temps, il ne s’agit que d’espionner. Mais ces malwares pourraient aussi être utilisés pour perturber, voire mettre en danger les Américains en coupant la lumière ou en bloquant Internet dans certaines grandes villes, par exemple.

En prévention, les Etats-Unis n’ont rien trouvé de mieux que de réserver exactement le même sort à leurs adversaires. Ce qui permet d’assurer pour le moment une sorte d’équilibre de la terreur version informatique. Car personne n’envisage sérieusement de passer à l’acte en premier: ce serait alors une véritable déclaration de guerre.

De faux documents pourraient être publiés

De façon plus réaliste, les Américains restent préoccupés par l’interférence supposée de Poutine et de son pays dans le débat présidentiel. Des groupes de hacker russes comme APT28 -également baptisé Fancy Bear ou encore Strontium- auraient en effet volé des informations confidentielles au parti démocrate, avant de les transmettre à la plateforme Wikileaks de Julian Assange. C’est ce qui aurait permis de révéler toute une série de scandale impliquant Hillary Clinton comme ses discours payés par Goldman Sachs.

A mesure que le scrutin du 8 novembre approche, les Etats-Unis s’attendent à d’autres révélations, voire la publication de faux documents dans le cadre d’une campagne de désinformation. Le gouvernement prend ainsi très au sérieux la menace de perturber le système de l'intérieur proféré par Guccifer 2.0, qui serait l’un des pirates russes ayant infiltré le réseau informatique du comité démocrate national:

Toujours selon NBC, Washington aurait déployé des moyens sans précèdent pour combattre ces manœuvres mais reste discret sur leur teneur.

Si cette crise cyber-diplomatique atteint un niveau encore jamais vu, des précédents plus mineurs ont déjà eu lieu. Les services de renseignement américains ont ainsi utilisé des armes informatiques pour tenter de détruire l’arsenal nucléaire iranien. Et en 2003, ils s'étaient infiltré dans le réseau irakien pour tenter de soudoyer des officiers. Cette-fois, cependant, les ennemis semblent se mesurer à armes égales.

Amélie Charnay