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Comment grâce à Tim Cook, la valeur boursière d'Apple a presque triplé en 7 ans

Symbolique, le cap des 1000 milliards de capitalisation boursière franchi par Apple marque une victoire pour Tim Cook.

Symbolique, le cap des 1000 milliards de capitalisation boursière franchi par Apple marque une victoire pour Tim Cook. - Josh Edelson-AFP

Moins charismatique que Steve Jobs, le gestionnaire Tim Cook a fait passer la capitalisation boursière d'Apple de 350 milliards à 1000 milliards de dollars en sept ans. La dépendance de la firme à l'iPhone, dont il a très bien su gérer la "rente", reste néanmoins son talon d'Achille.

Apple a marqué l'histoire de Wall Street en devenant la première entreprise privée au monde à franchir le cap des 1000 milliards de dollars en Bourse. Surtout symbolique, cette étape marque une réussite pour l'actuel PDG d'Apple Tim Cook. Celui qui fut accueilli avec un certain scepticisme lors de sa nomination, a pris en 2011 les rênes de la firme, peu avant que Steve Jobs ne succombe à un cancer, lorsqu'elle ne valait "que" 350 milliards de dollars.

Catalogué de gestionnaire, peu charismatique et plus réservé que le sanguin et visionnaire Steve Jobs, Tim Cook a effectivement très bien "géré", sur le plan financier te boursier, la succession difficile qui s'offrait à lui, en 2011.

Des rachats d'actions très généreux sous l'ère Tim Cook

Sept ans plus tard, même si beaucoup attendent encore l'innovation qui prendra le relais de l'iPhone, même si Tim Cook a dû faire face à de nombreuses critiques (impôts en Europe, conditions de travail chez ses sous-traitants chinois, obsolescence programmée) et même s'il n'a pas réussi à faire de l'Apple Watch, lancée sous son ère, un grand succès commercial, c'est bien la firme qu'il dirige qui est la plus chère du monde en Bourse.

Assise sur de colossales réserves de cash, l'entreprise californienne a aussi procédé, sous l'ère Tim Cook, à de nombreux rachats d'actions, dopant automatiquement la valeur du titre. Depuis 2012 et avant l'annonce du dernier et gigantesque plan de rachat d'actions à 100 milliards de dollars en mai 2018, Apple aura ainsi rendu 275 milliards de dollars à ses actionnaires, dont 200 milliards en rachat d'actions.

Le seul petit "accident" durant ces 7 années d'ascension financière et boursière continue, fut 2016, année durant laquelle Apple a dû composer avec la baisse des ventes d'iPhone. Conséquence de cet exercice fiscal (relativement) décevant pour Apple, Tim Cook a vu sa rémunération totale au titre de 2016 ne s'élever "qu'à" 8,75 millions de dollars, contre 10,3 millions l'année précédente, soit une baisse de 15%. Encore convient-il de relativiser cet incident de parcours car c'est aussi en 2016 qu'Apple a franchi le cap du milliard d'iPhone vendus dans le monde, depuis son lancement commercial en 2007.

La Bourse, en portant la valorisation d'Apple aux nues, a aussi salué le pari réussi de la firme californienne de lancer des modèles plus chers incarnés par l'iPhone X dont le prix a franchi la barre symbolique des 1000 dollars outre-Atlantique et des 1000 euros en Europe.

L'activité Services atteint 18% du chiffre d'affaires

Certes, le volume des ventes d'iPhone a stagné à 41 millions d'unités vendues (comparé au 3ème trimestre 2017) mais Apple a fait largement plus que le compenser grâce à cette hausse des prix de vente. L'iPhone a généré 30 milliards de dollars à lui seul. Ses ventes ont bondi de 20% à trimestre comparable, représentant encore au troisième trimestre fiscal 2018 (avril à juin), 56% des 53,3 milliards de chiffre d'affaires réalisés sur la période par la firme californienne.

Si la dépendance d'Apple à l'iPhone reste un facteur de vulnérabilité pour l'avenir, Tim Cook ne cesse de répéter que cette base d'installée phénoménale de 1,3 milliard de smartphones (et d'iPad) est un terreau fertile pour développer les services. Cette activité, qui inclut les applis mobiles, le stockage iCloud, le paiement Apple Pay ou Apple Music, pèse déjà 18 % du chiffre d'affaires, en hausse de 31 % au dernier trimestre, avec un total de 9,5 milliards de dollars. Elle a représenté presque autant que les ventes cumulées de Mac et d'iPad (10 milliards de dollars). Tout un symbole et une forme de satisfecit pour la stratégie du successeur de Steve Jobs.

Tim Cook a aussi su bien gérer la "rente" que constitue l'iPhone, lancé en 2007. Le smartphone et ses différentes modèles ont franchi la barre du milliard de modèles d'unités vendues dans le monde en 2016, neuf ans seulement après le lancement commercial du premier iPhone par Steve Jobs.

En portant la valeur boursière d'Apple aux nues en cet été 2018, Wall Street salue aussi le pari d'élever de manière continue le prix de l'iPhone, qui débute à presque 1000 dollars et plus de 1100 euros pour le modèle X, lancé en 2017.

Quelques jours avant que les 1000 milliards de valorisation boursière ne soient franchis, Apple a publié les ventes trimestrielles (avril à juin) de ses smartphones, qui ont stagné, en volume, avec 41,3 millions d'unités écoulées (+1%). Mais, la firme a fait largement plus que les compenser grâce à la hausse de ses prix de vente moyens d'iPhone. Résultat: le chiffre d'affaires total réalisé avec ses smartphones a bondi de 20%, à près de 30 milliards de dollars, soit 56% des ventes totales de la firme californienne.

Le revenu des services atteint 18% du chiffre d'affaires

Même si cette dépendance d'Apple vis-à-vis de l'iPhone jette une ombre sur la croissance future de la firme, Tim Cook n'a cessé de marteler que la base installée de 1,3 milliard d'iPhone et d'iPad réunis, constituait un excellent terreau pour faire croître les revenus des services.

Les derniers résultats trimestriels connus semblent lui donner raison. Le géant, qui cherche à se diversifier, affiche une progression de 31%, à 9,6 milliards de dollars, des recettes tirées des services (iTunes Store, iCloud, Apple Music, Apple Pay...), soit 18% de ses ventes totales. Plus significatif, ces revenus avoisinent le chiffre d'affaires cumulé des ventes de Mac et d'iPad (10 milliards de dollars) sur la même période. Un satisfecit pour la stratégie de "rentier" axée sur les services du successeur de Steve Jobs, en attendant le prochain "blockbuster" d'Apple que l'industrie attend encore...

Apple a marqué l'histoire de Wall Street en devenant la première entreprise privée au monde à franchir le cap des 1000 milliards de dollars en Bourse. Ce cap marque une incontestable réussite pour le PDG actuel, Tim Cook, lui qui fut accueilli avec scepticisme lorsqu'il prit en 2011 les rênes de la firme californienne, peu avant que Steve Jobs ne décède.

Présenté comme un gestionnaire, peu charismatique et plus réservé que l'était le bouillonnant et visionnaire fondateur d'Apple, Tim Cook a su bien gérer la succession difficile qui se présentait à lui, alors que l'entreprise "ne valait" encore que 350 milliards de dollars en Bourse.

De très généreux plans de rachats d'actions en 7 ans

Sept ans plus tard, même si beaucoup attendent encore la prochaine innovation qui prendra le relais de l'iPhone, même si Tim Cook a dû faire face à de nombreuses critiques (optimisation fiscale, conditions de travail chez ses sous-traitants chinois, obsolescence programmée...), même si l'Apple Watch, lancée sous son ère, a déçu, c'est bien l'entreprise qu'il dirige qui est devenue la plus chère du monde en Bourse.

Pour séduire Wall Street et les actionnaires, Tim Cook n'a pas lésiné sur le moyens. Apple, assis sur de colossales réserves de cash, a procédé ces dernières années à de nombreux rachats d'actions, dopant la valeur du titre. Depuis 2012 et avant l'annonce d'un phénoménal plan de rachat d'actions à 100 milliards de dollars en mai 2018, Apple aura ainsi rendu 275 milliards de dollars à ses actionnaires.

Frédéric Bergé