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Cedric O veut des champions du numérique compatibles avec les valeurs de l'Europe

Pour Cedric O, il "est impensable que les plateformes décident des règles de ce qui est bien ou pas"

Pour Cedric O, il "est impensable que les plateformes décident des règles de ce qui est bien ou pas" - ERIC Permont - AFP

Le nouveau secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O a dit mercredi vouloir favoriser l'émergence de champions européens du numérique, lors de sa visite dans les locaux de Doctolib. Il affirme son ambition de créer d'autres champions du numérique dont les règles soient compatibles avec les valeurs européennes.

"Mon rôle est de créer les conditions d'émergence des champions européens du numérique", a déclaré Cédric O, le nouveau secrétaire d'Etat au Numérique lors de sa visite dans les locaux parisiens de Doctolib, la plateforme de rendez-vous médicaux en ligne de 750 salariés, fondée en 2013. Depuis sa récente levée de fonds, l'entreprise est entrée dans le cercle des licornes avec une valorisation de plus d'un milliard de dollars.

"Dans le Cac 40, nous n'avons pas d'entreprises issues des dernières révolutions technologiques", comme "internet ou la robotique", regrette l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron sur le numérique. Mais au delà de la réussite financière, il appelle de ses voeux l'émergence de champions portant des valeurs compatibles avec celles de l'Europe. "Quand Facebook change ses conditions d'utilisation, il modifie la loi pour deux milliards de comptes", relève t-il. Il "est impensable que les plateformes décident des règles de ce qui est bien ou pas" quant à la modération des contenus, a-t-il ajouté.

"Brexit" et "montée des extrêmes"

"C'est une question technique" mais surtout "démocratique" qui sera notamment débattue avec les examens de la proposition de loi portée par la députée LREM, Laëticia Avia, sur la "haine en ligne" et du volet régulation du projet de loi sur l'audiovisuel, a encore indiqué Cédric O. Le secrétaire d'Etat ajoute que "au pied des immeubles de la Silicon Valley, il y a des SDF". "Soyons les meilleurs du monde, mais il ne faut pas que cette réussite soit solitaire. C'est cela qui a créé le Brexit ou la montée des extrêmes", a-t-il jugé.

Est-ce une allusion au litige que le gouvernement a actuellement avec Twitter? Le réseau social vient en effet de refuser de relayer la campagne "#Ouijevote" du ministère de l’Intérieur pour inciter à voter aux élections européennes. Twitter estime que cette campagne pourrait enfreindre la nouvelle loi française contre les fausses nouvelles ("fake news").

Le successeur de Mounir Mahjoubi a tweeté sa réaction et annonce qu'il recevra les dirigeants français de Twitter pour résoudre ce différent qui repose en fait sur l'opposition entre les lois et les conditions générales d'utilisation (CGU) des plateformes.

Pascal Samama avec AFP