BFMTV

Zemmour: l'enquête pour apologie du terrorisme classée sans suite

L'écrivain et journaliste Eric Zemmour à Paris le 6 novembre 2015

L'écrivain et journaliste Eric Zemmour à Paris le 6 novembre 2015 - BERTRAND GUAY, AFP/Archives

Le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête ouverte sur les propos d'Eric Zemmour.

Le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête pour apologie du terrorisme visant le polémiste Eric Zemmour qui, dans une interview au magazine Causeur, avait déclaré "respecter" les djihadistes, ont annoncé mardi ses avocats.

Une source judiciaire a confirmé à l'AFP ce classement sans suite, intervenu début janvier, le parquet estimant l'infraction "insuffisamment caractérisée".

A la suite des déclarations, parues dans le numéro d'octobre du mensuel, de l'essayiste habitué des polémiques, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour apologie du terrorisme.

Les avocats d'Eric Zemmour, Mes Olivier Pardo et Laurence Dauxin, ont fait part dans un communiqué de leur "satisfaction" après le classement de cette procédure qui visait selon eux "injustement" leur client.

"Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou des fous", expliquait M. Zemmour au magazine, qui mettait le polémiste à la "Une". Il poursuivait: "Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient, ce dont nous ne sommes plus capables".

"Combattons-les, arrêtons de les mépriser"

Au journaliste qui lui demandait s'il respectait "des gens qui roulent en camion sur des enfants", en référence à l'attentat du 14 juillet à Nice (86 morts), il répondait: "Quand des gens agissent parce qu'ils pensent que leurs morts le leur demandent, il y a quelque chose de respectable. C'est ainsi, les humains sont complexes, donc combattons-les, mais arrêtons de les mépriser!"

Les propos d'Eric Zemmour repris par plusieurs médias avaient suscité des réactions d'indignation, alors que la France a été frappée depuis janvier 2015 par une série d'attentats qui ont fait 238 morts et des centaines de blessés. 

La Société des journalistes (SDJ) de la radio RTL, où Eric Zemmour est chroniqueur depuis six ans, avait condamné ses déclarations.

L'ex-membre d'Action directe Jean-Marc Rouillan avait, lui, déclaré avoir trouvé "très courageux" les djihadistes qui ont frappé la France, en février lors d'une émission de radio. Il a été condamné à huit mois de prison pour apologie du terrorisme en septembre 2016.

G.D. avec AFP