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"Vive la République, vive la France": l'un des mots d'ordre des Bleus

A l'origine une habitude de leur chef de sécurité, les Bleus ont repris à leur compte la phrase "Vive la République, vive la France" et l'ont fièrement déclamée à plusieurs reprises pendant la Coupe du Monde. Un attachement qui peut surprendre dans le milieu sportif, d'ordinaire plus discret sur la politique.

Des Bleus qui entonnent spontanément la Marseillaise sur le perron de l'Elysée, Antoine Griezmann qui lance un 'Vive la République et vive la France' à l'issue d'un huitième de finale, Samuel Umtiti, Paul Pogba et Blaise Matuidi qui le reprennent dans les vestiaires après la finale…

L'équipe de France de football masculine victorieuse du Mondial a largement exprimé son attachement à la République, à l'image de Kylian Mbappé qui déclarait déjà au Monde il y a quelques mois: "Je veux incarner la France, représenter la France et tout donner pour la France." Les sportifs sont d'ordinaire plus sobres dans ce domaine, voire largement critiqués lorsque certains ne chantent pas la Marseillaise.

"Pendant des années, dans l'histoire récente - politique - de la France, la Marseillaise et le drapeau avaient été abandonnées, ou en tout cas pré-emptés par, malheureusement, le Front national", analyse sur notre antenne Daniel Riolo, consultant football BFMTV. "Qu'aujourd'hui ça revienne à tout le monde, je trouve qu'il y a quelque chose de très fort et de très beau", poursuit-il.

Une habitude du chef de la sécurité des Bleus

Comment un tel revirement a-t-il pu avoir lieu? Ces deux phrases, "Vive la République" et "Vivre la France", ont au cours des dernières semaines dépassé la simple politesse ou même la marque de respect. Elles sont devenues une sorte de leitmotiv pour les joueurs.

"Mohamed Sanadji, responsable de la sécurité de l'équipe de France, qui est un militaire, a l'habitude de saluer les membres du staff et les joueurs par 'Vive la République', 'Vive la France'", explique sur BFMTV le consultant François Manardo. "Cinquante-six jours ensemble, à leur répéter ça tous les jours, ils se le sont un peu appropriés", poursuit-il.

"Mais avec leur victoire, ils ont fait un peu mieux que se l'approprier: ils le répandent", souligne-t-il également. C'est ce qu'il s'est passé lundi soir, lors de la réception à l'Elysée, lorsque les Bleus ont spontanément entonné une Marseillaise devant des dizaines d'enfants - que certains ont malicieusement dédiée à la Belgique.

"Je sais bien que tout ça est très éphémère, peut-être qu'à la rentrée, quand la politique va reprendre ses droits, peut-être qu'on aura oublié tout ça, peut-être que les responsables politiques vont continuer à s'empailler sur les mêmes sujets", concède Laurent Neumann, éditorialiste sur BFMTV.

Mais, poursuit-il, "il faudra se rappeler de ces moments-là". "On est peut-être en train de vivre quelque chose qui va bien au-delà de toutes les politiques publiques sur la banlieue. Ces moments-là, ils sont très importants et il faudra s'en souvenir à la rentrée", assure-t-il.

Liv Audigane