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Violences conjugales: Schiappa souhaite une "méthodologie précise" pour les forces de l'ordre

La conclusion du Grenelle aura lieu le 25 novembre, à l'occasion de la journée pour l'élimination des violences faites aux femmes

La conclusion du Grenelle aura lieu le 25 novembre, à l'occasion de la journée pour l'élimination des violences faites aux femmes - Martin Bureau - AFP

Le Grenelle des violences conjugales doit rendre publiques ce mardi les 65 propositions élaborées par ses différents groupes de travail depuis près de deux mois.

La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa plaide pour l'instauration d'un "protocole clair" avec une "méthodologie précise" pour les policiers et gendarmes amenés à accueillir des victimes de violences conjugales, à la veille de la restitution des groupes de travail mis en place sur le sujet début septembre.

"Aucune victime ne doit plus repartir sans connaître ses droits et savoir où trouver du soutien", affirme la secrétaire d'État dans un entretien à La Croix à paraître mardi, jour où les 11 groupes de travail installés le 3 septembre lors du lancement du Grenelle des violences conjugales doivent remettre leurs conclusions.

Ces 11 groupes ont travaillé sur les questions de justice, de handicap, de travail, de santé, d'outre-mer, de violences psychologiques, de violences économiques, d'hébergement des victimes, de l'accueil dans les commissariats et gendarmeries, de violences intra-familiales et d'éducation et de prévention.

Les armes à feu des conjoints violents réquisitionnées?

Marlène Schiappa explique également qu'elle souhaite retenir la proposition "qui consiste à réquisitionner les armes à feu dès la première plainte".

"Ce sont les armes les plus utilisées pour les féminicides, le premier mode opératoire, devant les coups", détaille-t-elle. Elle compare la démarche à celle de "la lutte anti-terroriste dans les aéroports: afin d'éliminer les risques, on supprime autant de modes opératoires que possible".

Troisième sujet qui a retenu son attention: "l'évolution du secret médical". "Certains professionnels réclament un secret médical partagé par exemple entre les urgentistes, les avocats et la police pour mieux protéger les femmes", décrit-elle.

Le cas des violences psychologiques 

Interrogée sur les violences psychologiques, la secrétaire d'État souhaite qu'elles soient "mieux spécifiées dans la loi qui n'est pas assez claire".

"Je pense au cas où un homme violent a forcé son ex-conjointe à sauter par la fenêtre. N'a-t-il aucune responsabilité ? (...) Nous travaillons également à mieux rembourser la prise en charge psychologique, encore trop coûteuse", ajoute-t-elle.

La conclusion du Grenelle aura lieu le 25 novembre, à l'occasion de la journée pour l'élimination des violences faites aux femmes, après la remise également des conclusions des "Grenelle locaux" le 5 novembre.

Tous les trois jours, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint, et chaque année près de 270.000 femmes sont victimes de violences. Depuis le début de l'année 2019, 125 femmes sont mortes à la suite de violences conjugales, selon le comptage du collectif "Féminicides par compagnons ou ex".

Ju. M. avec AFP