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Violences anti-LGBT pendant le confinement: Schiappa annonce un "plan d'urgence"

Marlène Schiappa quitte le Palais de l'Élysée le 19 juillet 2017

Marlène Schiappa quitte le Palais de l'Élysée le 19 juillet 2017 - Martin BUREAU / AFP

Les personnes LGBT en difficulté peuvent donner l'alerte en pharmacie ou écrire un SMS au 114, comme cela est possible pour les femmes victimes de violences.

Le gouvernement a annoncé ce vendredi un "plan d'urgence" pour aider les personnes lesbiennes, gay, bi et transgenres dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, victimes d'actes de violence anti-LGBT.

Dans la période actuelle, "beaucoup de jeunes vivent actuellement un enfer", a déclaré Marlène Schiappa dans une interview à Libération, "soit parce qu'ils sont confinés avec des parents homophobes qui ne savent pas que leur enfant est gay, bi ou lesbienne, soit parce qu'ils ont déjà fait leur coming out et vivent alors parfois de véritables persécutions au sein de leur foyer".

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes a indiqué avoir "débloqué 300.000 euros afin de financer 6000 nuitées d'hôtel pendant le confinement" pour "permettre aux jeunes confrontés à de la violence homophobe d’être protégés". Elle a par ailleurs confirmé que les personnes LGBT en difficulté pouvaient donner l'alerte en pharmacie ou écrire un SMS au 114, comme cela est possible pour les femmes victimes de violences.

La secrétaire d'Etat affirme également être intervenue pour "accélérer" la réouverture de la permanence téléphonique de SOS Homophobie, "suspendue en raison de difficultés techniques", et "soutenir" l'association Contact et sa ligne téléphonique à destination des familles.

Une application lancée

Le gouvernement finance aussi "à hauteur de 50.000 euros" l'application lancée ce vendredi matin parr l'association de policiers et gendarmes LGBT, FLAG!, qui vise à signaler des actes de violences.

L'association a souligné dans un communiqué que le nombre de faits enregistrés par la police et la gendarmerie "ne reflètent en rien la réalité" car "nombreuses sont les victimes qui ne déposent pas plainte par appréhension ou face à la difficulté d'obtenir des condamnations".

L'application gratuite est destinée aux "victimes" et "témoins de violences physiques ou verbales LGBTphobes, de sérophobie, de violences conjugales, notamment dans les couples LGBT+, aussi bien sur internet, à domicile, sur la voie publique ou au travail". Son déploiement a été accéléré "en raison des violences identifiées ces derniers jours", précise FLAG!

Sur cette plateforme, "l'acte de violence est caractérisé, daté et localisé". À l'issue du signalement, la victime se voit "orientée vers les interlocuteurs appropriés". L'utilisateur reste cependant anonyme. Il entre seulement des informations sur sa tranche d'âge, sa catégorie socio-professionnelle et son genre et c'est à lui de contacter les interlocuteurs suggérés, précise l'association.

"Ces signalements alimenteront une cartographie la plus précise possible facilitant le travail des pouvoirs publics pour développer efficacement des politiques publiques", précise l'association, qui ajoute qu'une "étude sociologique" sera réalisée annuellement par un comité scientifique. 
C.Bo. avec AFP