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Viande de cheval : « Spanghero savait », dit Hamon

Spanghero s'est rendu coupable d'une « tromperie économique » et sera poursuivi, a annoncé jeudi le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon.

Spanghero s'est rendu coupable d'une « tromperie économique » et sera poursuivi, a annoncé jeudi le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon. - -

L'agrément sanitaire de Spanghero, qui distribue en France de la viande pour Findus, a été immédiatement suspendu, a annoncé jeudi le ministère de l'Agriculture. Selon le ministre délégué à la Consommation, Spanghero a trompé le client en vendant de la viande de cheval comme du bœuf.

La société agroalimentaire française Spanghero savait qu'elle revendait comme viande de bœuf de la viande chevaline qui lui était arrivée avec l'étiquette douanière correspondante, a affirmé jeudi le ministre de la Consommation, Benoît Hamon. Spanghero s'est rendu coupable d'une « tromperie économique » et sera poursuivi, a-t-il ajouté, en promettant « d'assainir la filière ».
Par conséquent, Spanghero, l'un des fournisseurs de viande de Findus, se voit retirer immédiatement l'agrément sanitaire qui lui permet de traiter de la viande, a annoncé dans la foulée le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Dès vendredi, une brigade nationale de vétérinaires va être envoyée dans les locaux de l'entreprise située à Castelnaudary (Aude) pour poursuivre les investigations et expertises, dont les résultats devraient être rendus dans une semaine pour décider d'un retrait d'agrément définitif ou pas, a ajouté le ministre. Spanghero, l'un des fournisseurs de Findus, a assuré jeudi « n'avoir commandé, réceptionné et revendu que de la viande réputée de bœuf » et dûment étiquetée. La société, installée à Castelnaudary (Aude), a été accusée par la presse, et notamment Le Parisien, d'avoir acheté 42 tonnes de viande de cheval en janvier, alors qu'elle a toujours affirmé ne pas avoir d'activité à base de viande de cheval. Benoît Hamon a précisé que la société roumaine à laquelle Spanghero a acheté la viande de cheval - signalée comme telle par les codes douaniers et la « lettre de voiture » (contrat de transport de marchandises) - n'était pas en cause.

Comigel bernée, mais négligente

S'agissant de la société Comigel, qui a fabriqué les fameuses lasagnes à la viande de cheval, le ministre a reconnu qu'elle avait été bernée. « Il s'agissait pour Comigel de la viande de bœuf », a-t-il indiqué. Cependant, à ses yeux, cette PME française s'est rendue coupable de « deux négligences en omettant des contrôles qu'elle aurait dû opérer dans son usine luxembourgeoise ». « D'une part, l'étiquette n'était pas conforme à la législation française » puisqu'elle ne précisait que « viande origine UE » alors qu'elle aurait dû donner l'origine géographique précise du lieu d'élevage et d'abattage, a expliqué le ministre. « D'autre part, lors de la décongélation, elle aurait dû se rendre compte que la viande n'était pas de la même couleur que le bœuf », a-t-il poursuivi.
Selon Benoît Hamon, « ce trafic durait depuis plusieurs mois » et a porté sur plus de 750 tonnes, dont 550 tonnes livrées à Comigel via la société Tavola.

La viande de cheval contenant du phenylbutazone détruite

Par ailleurs, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé que les trois carcasses de viande de cheval importées du Royaume-Uni et contenant du phenylbutazone ont été localisées dans le Nord-pas-de-Calais et vont être détruites. Ces carcasses « ne sont pas entrées dans la chaîne alimentaire », a précisé le ministre. Le ministre a précisé que l'affaire de la viande importée du Royaume-Uni n'avait rien à voir avec ce scandale et que les doses de phenylbutazone contenues dans les carcasses ne présentaient pas de risque sanitaire majeur. Le phénylbutazone, un anesthésiant anti-inflammatoire pour les chevaux de course, est interdit aux animaux destinés à la consommation humaine en raison de sa dangerosité potentielle.

L'industrie alimentaire veut un renforcement des contrôles

Echaudés par cette affaire, les profesionnels de l'industrie alimentaire (Ania) ont annoncé qu'ils feront des propositions dès la semaine prochaine pour renforcer les contrôles existants. « L'ensemble de la filière ne peut plus se contenter des contrôles existants », estime l'Ania. Ils pourront en discuter avec le ministre de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, qui les a convoqués pour une deuxième réunion qui aura lieu mardi.

P.G avec agences