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Vers la fuite des entreprises à l'étranger ?

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Après la déclaration choc de David Cameron, qui se dit prêt à accueillir les entreprises fuyant l'impôt français, la crainte d'un exil des entreprises françaises vers la Grande-Bretagne se fait sentir...

L'impôt français fait polémique : « Nous déroulerons le tapis rouge, nous accueillerons plus d'entreprises françaises qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni », a déclaré David Cameron lundi, en marge du sommet du G20 de Los Cabos au Mexique. Le Premier ministre britannique veut accueillir les patrons et les entreprises françaises, une fois que « la France instituera un taux de 75% sur la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu ». « Je pense que c'est un propos qui lui a échappé », a commenté le ministre du Travail Michel Sapin.
Selon les fiscalistes, ce sont principalement des PME qui pourraient avoir envie de quitter la France, surtout celles implantées dans les services et en plein développement. Difficile, donc, de ne pas poser la question : la politique fiscale du gouvernement peut-elle faire fuir les entreprises françaises à l'étranger ?

« La politique fiscale anglaise est stable »

Pour Jean-Sébastien Dumont, avocat fiscaliste, « la réponse est très clairement oui. D’abord parce que c’est un choix, un choix de vie, et puis ensuite pour des raisons d’attractivité fiscale. En France, les 75% sont un élément qui vient renforcer l’instabilité fiscale, contrairement à la politique fiscale de la Grande-Bretagne, qui, depuis quelques années, offre une vision relativement claire de leur régime d’imposition sur plusieurs années. »
Un régime d'impôt bien établi permet en effet aux entrepreneurs d'envisager leur développement sur 10, voire 20 ans. Alors qu'en France, l'imposition peut changer tous les 2, 3 ou 5 ans.

« On ne va pas fuir, mais... »

Stéphane Brousse est membre exécutif du Medef. Il refuse l'idée d'une fuite des entrepreneurs de France : « Je n’y crois pas ! On a une vraie volonté de construire ensemble, une vraie solidarité. On va tout faire pour que les entreprises françaises ne foulent pas le tapis rouge que pourraient mettre les anglais à leur disposition. Chaque fois on agite le chiffon rouge d’un côté et de l’autre : ça n’a pas de sens ! On est tous ensemble dans le même bateau, on ne va pas fuir parce qu’il y aura des mesures fiscales, explique-t-il, tout en avertissant : En revanche, on n’imagine pas une seconde que le gouvernement nous traite comme on a été traités par le passé, quand on nous a imposé les 35h, qui ont été meurtrières pour l’économie française. »

La Rédaction, avec Thomas Chupin