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Urgences: un rapport propose un numéro de santé unique, le 113

CHU de Nantes, le 27 août 2019

CHU de Nantes, le 27 août 2019 - LOIC VENANCE / AFP

Ce "guichet de santé unique" demandé par les rapporteurs du texte sur la refondation des urgences devra orienter les personnes vers une téléconsultation, une consultation sans rendez-vous ou un service d'urgence, selon l'urgence de la situation.

Censé répondre à toute demande de soins imprévue pour désengorger les urgences, le futur service d'accès aux soins (SAS) devrait s'appuyer sur un nouveau "numéro de santé unique", le 113, selon un rapport publié le 20 décembre. 

Chargés depuis juin d'une mission sur la refondation des urgences, le député de la majorité Thomas Mesnier et le Professeur Pierre Carli, chef du Samu de Paris, ont remis leur copie jeudi à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui doit rendre ses arbitrages en janvier. 

Dans le rapport, le député et le spécialiste précisent leur préconisations pour le SAS, mesure phare du plan urgences dévoilé en septembre sur la base de de précédents travaux. Ce volet du plan hôpital qui doit être mis en place dès juin 2020 devrait coûter 340 millions d'euros sur un total de 750 millions aloués sur trois ans.

Le dispositif SAS, "fondé sur un partenariat" entre les médecins libéraux et hospitaliers, "en lien avec les services de secours", doit permettre d'accéder 24 heures sur 24 et "à distance à un professionnel de santé pour des réponses allant du conseil à la téléconsultation", à l'orientation vers "une consultation sans rendez-vous ou vers un service d'urgence", voire à l'envoi d'un Smur (service mobile d'urgence et de réanimation) ou d'une ambulance. 

Plus de 50% des appels au 15, 17 et 18 concernent la santé

En partant du constat que plus d'un appel sur deux passé au 15 pour le Samu, au 17 pour la police et au 18 pour les pompiers sont "à connotation santé", Thomas Mesnier et Pierre Carli jugent "primordial" de créer "un nouveau numéro de téléphone unique, totalement dédié à la santé", un "guichet unique", le 113, qui cohabiterait avec un autre "dédié aux secours et à la sécurité", le 112. Une mesure d'une "modernité absolue", et non un "rhabillage de dispositifs préexistants" comme le Samu, assurent-ils.

S'y ajouterait un service en ligne, sorte de "catalogue des différentes possibilités offertes" aux patients, qui s'appuierait notamment sur les plateformes de prise de rendez-vous comme Doctolib.

Le 113 remplacerait le 15, mais aussi le 116-117, au grand dam des syndicats de médecins libéraux, favorables à la généralisation de ce numéro expérimenté dans certaines régions pour trouver un médecin de garde.

Le premier syndicat de généralistes, MG France, a lancé la semaine dernière une grève des cabinets le samedi pour dénoncer le manque de moyens octroyés aux libéraux dans le cadre du SAS. Il a été rejoint cette semaine par la CSMF et le SML (spécialistes et généralistes).

R.Ga avec AFP