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Une circulaire gouvernementale rappelle que le français doit être la langue "de travail naturelle"

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Les ouvrages les plus vendus de la Bibliothèque de la Pleïade - LPLT via Wikimedia Creative Commons

Une circulaire à destination des fonctionnaires et rédigée par la ministère de la Fonction publique rappelle la nécessité d'employer le français et non l'anglais dans le service de l'Etat. Mais c'est dans les institutions internationales, surtout, que le français est en crise.

Début octobre, le cabinet du ministère de la Fonction publique envoyait à ses homologues, aux préfets et directeurs généraux d’agences régionales de santé une circulaire. 20 minutesqui a pu consulter le document, met en lumière son objet: rappeler aux fonctionnaires que le français est leur langue de travail naturelle. Le texte expliquait ainsi que "dans le cadre de leur travail, des relations avec les différents interlocuteurs français ou étrangers, de la production de rapports, des outils de communication et d’information, (…) des relations avec les usagers", c’était à l’idiome national de s’imposer.

Vis-à-vis de la francophonie, les fonctionnaires ont un "devoir d'exemplarité"

C’est à l’évidence les anglicismes qui sont ici visés. Récurrents dans le monde du travail, ils sont omniprésents dans les discussions de la société civile. Il y a quelques mois, France Télévisions dévoilaient même une série de spots pour dénoncer ces infidélités grandissantes vis-à-vis de notre langue. Mais les expressions ou les tournures à l’anglaise ne délaissent pas non plus les services publics qui, comme le rappelle la circulaire, ont pourtant un "devoir d’exemplarité".

Si les agents de l’Etat sont ainsi rappelés à l’ordre, c’est que les enjeux portés par la francophonie sont lourds. Parmi ceux-ci, et pas des moindres, on retient le rayonnement de la culture française et la vitalité de la parole de la France à l’étranger.

La francophonie s'exporte de plus en plus mal 

Or, la langue qui fut longtemps la langue des diplomates, mais aussi des rois d’Angleterre (certes, au Moyen-Âge) et de l’aristocratie russe, ne fait plus recette dans les institutions internationales. Alexandre Wolff, responsable de l’observatoire de la langue française, assure dans le même article que "dans les réunions informelles, les groupes de travail, les commissions, les documents qui circulent…" à ces échelons le français est devenu le parent pauvre. Au profit bien entendu de l’anglais qui ne cesse du prendre du galon comme l’indiquent ces pourcentages issus de ce rapport au parlement sur l’emploi de la langue française de 2015.

En 1997, 40% des documents de la Commission européenne étaient rédigés en français contre 45% en anglais. Un bel équilibre qui n’a pas tardé à s’effilocher voire à s’effondrer. Il y a dix ans, seuls 14,5% de ces éléments étaient écrits en français contre 73% en anglais. La balance est encore plus défavorable aujourd’hui avec 5% de documents en français contre 81% en anglais. La situation n’est pas meilleure du côté du Conseil européen où la rédaction originelle des documents en français est passée de 15% en 2004 à moins de 4%. Molière, reviens, ils sont devenus fous !

R.V.