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Une ado sur cinq est "trop maigre"

(photo d'illustration)

(photo d'illustration) - Alexandra Stewart-flickr-

Selon une étude de Santé publique France, parue ce mardi, près d'une jeune fille âgée de 11 à 14 ans est trop maigre. Un phénomène inquiétant qui pourrait être renforcé par les réseaux sociaux.

Ab crack, thigh gap challenge, ribcage bragging... Ces termes ne vous disent rien mais pourraient pourtant être à l'origine d'un phénomène qui sévit parmi les adolescents, et surtout les jeunes filles: la maigreur. Selon une étude, publiée ce mardi, de Santé publique France, une adolescente sur cinq serait trop maigre. "La prévalence de la maigreur a significativement augmenté passant de 8 % à 14 %, cette augmentation touchant principalement les filles de 11-14 ans", précise l'institut.

Alors que le nombre d'enfants de 6 à 17 ans en surpoids est resté relativement stable (autour de 17% dont 4% d'obèses), la maigreur inquiète les spécialistes. En 10 ans, le chiffre est passé de 8 à 14 % chez les jeunes filles, et, dans une moindre mesure, de 8,6 à 11,5% chez les garçons. Pour les adolescentes de 11 à 14 ans, le chiffre a explosé passant de 4,3% en 2006 à 19,6% aujourd'hui. Soit une adolescente sur cinq.

"Changement de comportement"

Pour obtenir ces chiffres, les chercheurs se sont basés sur l'IMC, l'Indice de masse corporelle qui se calcule à partir du poids, en kilos, divisé par la taille, en centimètres, au carré. Mais pour les spécialistes, une autre interprétation est à prendre en compte. "Pour les adolescentes, la maigreur est plus souvent de l'ordre du psychique que du physique", explique, dans Le Parisien, le professeur Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l'Institut Pasteur à Lille. 

Le chef du service de psychiatrie de l'adolescent au CHU d'Angers indique que les signaux d'alerte doivent être pris en compte quand la maigreur "n'est pas liée à la constitution physique (de l'enfant, NDLR)" mais est causée par "un changement de comportement". "Ce sont des ados dont l'humeur est changeante, qui s'isolent, voient moins leurs amis, refusent de sortir", détaille le professeur Philippe Duverger, qui conseille aux parents de ne pas hésiter à consulter.

Les causes de cette tendance seraient multiples: outre la pauvreté et les troubles du comportement alimentaires, sont pointés du doigt les challenges qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Le dernier en date est le "ribcage bragging", ou le fait de s'afficher les côtes saillantes sur les réseaux sociaux. Avant cela, il y avait le défi de la feuille A4 que la zone ventrale ne devait pas dépasser ou encore le "thigh gap challenge", où l'objectif était que les cuisses ne se touchent pas.

J.C.