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Un label « restaurant » pour ceux qui cuisinent sur place ?

Les syndicats de restaurateurs veulent un label pour les établissements qui « cuisinent sur place des produits bruts ».

Les syndicats de restaurateurs veulent un label pour les établissements qui « cuisinent sur place des produits bruts ». - -

Pour une meilleure transparence pour le client, notamment après le scandale de la viande de cheval, les syndicats de restaurateurs proposent un label «restaurant». Une appellation pour ceux qui « cuisinent sur place des produits bruts », indique Didier Chenet sur RMC ce vendredi.

Restaurant d’origine contrôlée, une distinction qui pourrait bien voir le jour, à en croire les syndicats de restaurateurs. En effet, après le scandale de la viande de cheval dans des plats préparés annoncés au bœuf, les professionnels des métiers de bouche entendent protéger leur filière. « Un restaurant, c'est un lieu où l'on sert à la clientèle des plats cuisinés sur place à base de produits bruts. Un restaurant c'est ça et rien d'autre », lance, convaincu, Didier Chenet, président du Syndicat National des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers (Synhorcat) et invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi matin sur RMC.

« Un amendement dans la prochaine loi sur la consommation »

Le syndicaliste a également annoncé avoir lancé des démarches pour intégrer ce label dans la prochaine loi sur la consommation. « Nous avons entamé des démarches avec un certain nombre de députés de droite comme de gauche pour qu’on puisse insérer un amendement dans la prochaine loi sur la consommation, la loi Hamon, qui va être votée prochainement », a précisé Dider Chenet.

« Valoriser la profession »

Et pour appuyer la création de ce label, Didier Chenet prend l’exemple de la boulangerie qui a déjà créé son propre label qui semble fonctionner : « Les boulangers ont développé ce type de label il y a quelques années et ça a parfaitement réussi. Ils ont réussi à sortir des produits de qualité et à valoriser leurs professionnels. Avec ce label, explique Didier Chenet, nous allons rendre aux consommateurs la transparence ».
Interrogé sur la baisse probable du nombre de restaurants si le label venait à voir le jour, Didier Chenet répond : « Il y en aura certainement moins, c’est probable ». « Les professionnels qui utilisent des plats industriels représentent peut-être 20% des restaurateurs. Mais c’est peut-être 25%. De toute façon, nous n’avons pas les chiffres exacts, regrette-t-il. La transparence, on la doit aux clients, on leur donne ».

« Le ministre m’a dit : on y va »

Si les restaurateurs veulent un label pour leur profession, ils entendent bien que celui-ci passe par la légifération : « Nous voulons que cela passe par la loi. Les députés vont se saisir de la question et j’ai même rencontré le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, au Salon jeudi qui m’a dit : "on y va" », indique Didier Chenet. S’ils se veulent patients quant à la mise en place de ce label, les restaurateurs ne veulent pas d’une appellation au rabais. « Il y aura 3 types de contrôles. L'autocontrôle en premier lieu. Le second contrôle sera celui du client et ensuite, il y aura les services de la DGCCRF [Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes] qui pourront contrôler ».

Tugdual de Dieuleveult